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La publication ouverte, c'est la même chose que le logiciel libre

Matthew Arnison <maffew@cat.org.au>
Mars 2001
Revision : 1.19 Date : 2 Décembre 2002

Une définition de travail de la publication ouverte
La publication ouverte signifie que le processus pour créer des nouvelles est transparent pour les lecteurs. Ils peuvent écrire un article et voir que celui-ci apparaît immédiatement dans la liste des articles publiquement disponibles. Ces articles sont filtrés le moins possible pour aider les lecteurs à trouver les articles qu'ils veulent. Les lecteurs peuvent voir les décisions de rédaction telles qu'elles sont faites par d'autres. Ils peuvent voir comment s'impliquer eux-mêmes et aider à prendre des décisions de rédaction. S'ils pensent à une meilleure solution logicielle pour aider à former des décisions de rédaction, ils peuvent copier le logiciel parce qu'il est libre et le modifier pour démarrer leur propre site. S'ils veulent redistribuer les nouvelles, ils le peuvent, de préférence sur un site de publication ouverte.

Le délire total

La publication ouverte, c'est la même chose que le logiciel libre.

Ce sont deux réponses (r)évolutionnaires à la privatisation de l'information par des monopoles multinationaux. Pour le logiciel c'est Microsoft. Pour l'info,c'est CNN. Pour le logiciel et l'info c'est Time Warner - AOL.

Le logiciel libre est un cadeau à l'humanité. Si vous avez un morceau de logiciel libre, vous pouvez le donner à quelqu'un d'autre gratuitement[1]. Vous pouvez faire payer pour ce logiciel libre, mais une fois que quelqu'un d'autre a une copie, il peut donner autant de copies qu'il veut. Donc le logiciel libre vient le plus souvent gratuitement. On peut l'appeler la bière gratuite. Mais le logiciel libre ce n'est pas seulement ça. Le logiciel libre est aussi libre que la liberté de parole, pas juste la bière gratuite.

Il s'agit de la liberté du logiciel. Un mouvement de libération du logiciel. Le code source, le code génétique, la mécanique interne est ouverte à d'autres pour consultation (d'où vient que le logiciel libre est aussi appelé source ouverte). Donc d'autres peuvent le prendre et le changer et transmettre leurs changements à d'autres gens. Le produit est librement disponible et le processus de production est libre et transparent.

Si quelqu'un ne l'aime pas, il peut le prendre et le modifier. Une chose qu'il ne peut pas changer est sa liberté. Les seules conditions attachées sont là pour empêcher les gens de le retenir prisonnier. On appelle GNU copyleft ces conditions de liberté, c'est une belle subversion de la loi sur le copyright qui garantit la liberté pour un morceau de code et toutes ses mutations.

Les moyens sont la fin. Le voyage est la destination.

Vous pourriez penser que ce processus ne produirait rien de vraiment créateur, étonnant, stupéfiant, énorme, complexe, simple, petit, pédant, fiable, aléatoire ou agréable.

Si vous avez pensé cela, vous sous-estimeriez résolument ce à quoi les gens sont prêts pour pouvoir jouer. Parce que tous ces adjectifs s'appliquent au logiciel libre. Les geeks aiment plaisanter sur ce qui manque au logiciel libre pour arriver à la domination du monde.

Microsoft ne trouve pas cette plaisanterie très drôle. Microsoft est une des plus grandes sociétés dans le monde. Microsoft dépense des milliards de dollars pour payer des programmeurs pour garder leur logiciel bien fermé et ses composants secrets.

Le logiciel libre est essentiellement écrit par des volontaires. C'est le logiciel libre qui fait tourner Internet, et pas Microsoft. Le nombre et la diversité des gens utilisant le logiciel libre va s'accélérant.

Microsoft répond d'habitude à de telles menaces en les rachetant et les assimilant. Mais le logiciel libre ne peut pas être privatisé. Le logiciel libre n'est pas avare avec son code génétique. Le logiciel libre se diffuse lui-même comme un microbe bienveillant après un saut évolutionnaire.

Microsoft suppose que les gens sont stupides et organise des groupes de réflexion pour déterminer exactement en quoi ils sont stupides. Ils payent alors à quelques personnes beaucoup d'argent pour intégrer cette stupidité dans le logiciel. Parfois cela marche bien, parce qu'il arrive à chacun d'être parfois stupide. Mais cela ne facilite pas bien les choses pour ceux qui sont intelligents.

Le logiciel libre suppose que les gens sont intelligents et créateurs et peuvent vouloir nager tous seuls aussi bien en surface que dans les profondeurs de la technologie. Même le programmeur le plus geek pourrait vouloir planter ses pieds dans le fond parfois et le débutant le plus frais émoulu pourrait faire le plus grand plouf en plongeant directement vers les profondeurs ultimes.

Les programmeurs de logiciel libre réussissent toujours à manger bien qu'ils donnent gratuitement leur code.

Le logiciel est l'information. Comme l'actualité. Comme les opinions. On peut facilement le copier et le partager. Peut-être l'information veut-elle être libre ?

Dans le système d'information mondial multinational dominant, les nouvelles ne sont pas libres, les nouvelles ne sont pas ouvertes. C'est très cher. C'est fortement dissimulé.

Pour voir les nouvelles vous devez payer de l'argent ou de votre temps passé à regarder des pubs (d'habitude pour des voitures) ou les deux. Pour créer les nouvelles vous devez payer très chers des consultants en relations publiques. Pour écrire les nouvelles vous devez vous soumettre aux valeurs de l'information d'entreprise, écrire vos articles sur une chaîne de production, pour l'impact publicitaire maximum et pour coût minimal. Pour éditer les nouvelles vous devez être un service de fil d'actualité du marché boursier mondial ou une société de médias multinationale. Pour distribuer les nouvelles vous devez avoir une des 6 tours de transmission TV dans une ville de millions d'habitants.

Les sociétés de médias supposent que les téléspectateurs sont stupides. Dans leurs yeux le plus grand créateur potentiel total d'audience ce sont les Funniest Home Video [marque US : les Vidéos Domestiques les Plus drôles ]. Les gens créateurs n'achètent pas ces trucs, ils font leurs propres trucs. C'est un problème pour des multinationales de médias. Elles n'ont pas confiance en la capacité créative de leur audience. Cela pourrait être mauvais pour des profits, mauvais pour les salaires des dirigeants.

Mais c'est bien comme ça. L'audience n'a pas confiance dans les médias d'entreprise non plus.

Cette situation a mené à une confusion effrénée et à l'aliénation de la société. Nous sommes déconnectés de nous-mêmes et de notre écologie. Notre planète fonctionne plus que jamais auparavant comme un écosystème global en raison de la nature globale de l'activité humaine, cependant les gens n'ont pas de moyens de communication les uns avec les autres. Des problèmes systémiques restent invisibles à des milliards de gens et restent sans solution. Seules les questions qui font vendre de la pub ou engraissent la Bourse ont un impact global fiable en tant qu'information.

Ce que nous avons est un système très complexe dans lequel les gens ont récemment acquis un pouvoir énorme mais ils n'ont pas encore également le réseau puissant d'infrastructure de communication qui va avec. Nous n'avons aucun réseau neuronal pour traiter l'information. Pas tant un village global qu'un mégaphone global.

Puis Internet a été ajouté aux outils de communications globaux. Si vous pouvez lire Internet, vous pouvez aussi y écrire. Si quelqu'un d'autre a raconté une histoire sur Internet, vous pouvez choisir de l'entendre. Il y a un flux d'information entre Internet et les autres systèmes de communication : le téléphone, la TV, la radio et les journaux, constituant ainsi un réseau de transfert de l'information beaucoup plus équilibré. C'est un village global dans lequel vous pouvez vous extraire de l'embouteillage et rencontrer des gens dans la rue électronique et avoir une conversation.

Internet rend possible la publication ouverte à l'échelle de la cité et à l'échelle du monde. Les citoyens ont finalement l'accès à la même communication globale bilatérale, à bon marché et puissante, que celle à laquelle des gouvernements coloniaux et des multinationales ont eu accès pendant des siècles.

Qu'est-ce que la publication ouverte ?

Comme le logiciel gratuit, avec la publication ouverte les nouvelles sont souvent distribuées gratuitement. Il n'y a aucune pub pour vous faire perdre votre temps et corrompre le contenu. Mais ce n'est pas la chose la plus importante.

La publication ouverte signifie que le processus pour créer des nouvelles est transparent pour les lecteurs. Ils peuvent contribuer en écrivant un article et voir que celui-ci apparaît immédiatement dans la liste des articles publiquement disponibles. Ces articles sont filtrés le moins possible pour aider les lecteurs à trouver les articles qu'ils veulent. Les lecteurs peuvent voir des décisions de rédaction telles qu'elles sont faites par d'autres. Ils peuvent voir comment s'impliquer et aider à prendre des décisions éditoriales. S'ils peuvent imaginer une meilleure solution logicielle pour prendre des décisions de rédaction, ils peuvent copier le logiciel parce qu'il est libre et le modifier, et démarrer leur propre site. S'ils veulent redistribuer les nouvelles, ils le peuvent, de préférence sur un site de publication ouverte.

On peut voir comment marche le travail de journalisme. La publication ouverte suppose que le lecteur est intelligent et créateur et pourrait vouloir être un auteur et un éditeur et un distributeur et même un programmeur logiciel. La publication ouverte suppose que le lecteur peut distinguer une histoire merdique d'un bon article. Que le lecteur puisse trouver ce qu'il chercher et puisse aider d'autres lecteurs cherchant sur la même piste.

Nous faisons confiance à l'auditoire et il semble que l'auditoire nous fasse confiance en retour.

La publication ouverte est à l'opposé du spectre de confiance par rapport aux médias d'entreprise.

Nous ne travaillons pas pour convaincre les gens que c'est une bonne façon de faire des choses. Nous fournissons un espace dans lequel les gens pourraient décider par eux-même si c'est une bonne façon de faire des choses ou non.

Le voyage est la destination.

La publication ouverte n'est pas nouvelle. C'est une réinvention électronique de l'art antique des conteurs.

La publication ouverte est le logiciel libre. C'est la liberté d'information, la liberté pour la créativité.

La publication ouverte est essentiellement faite par des volontaires.

Que deviendra le journalisme d'investigation ? Comment les gens donneront-ils une perspective de l'étranger ? Qu'est-ce qui fournira le sens de la vue d'ensemble, la connexion et l'identité commune ? Quelqu'un sera-t-il payé pour son travail ? Qu'est-ce qui arrivera aux films de cinéma ? Aux musiciens ? Où conduiront ces efforts continus faits par des centaines des gens ?

J'espère que le logiciel libre a déjà répondu à ces questions que pose la publication ouverte. Et aussi en partie Indymedia et des milliers d'autres sites Web de publication ouverte. La publication ouverte reprend simplement une tendance existante et l'identifie, l'amplifiant et l'appliquant stratégiquement aux points faibles dans les monopoles globaux de pouvoir et d'information.

Les pyramides inspirent la crainte. Elles ont été aussi construites par le travail d'esclaves. Nous avons évolué en tant qu'espèce. Nous pouvons faire beaucoup de choses étonnantes sans ces techniques brutales d'esclavage égyptien. Nous pouvons nous passer de nouvelles pyramides.

Nous sommes au milieu d'une extinction massive des espèces. Nous devons imaginer comment vivre en harmonie avec l'écosystème de cette planète avant que l'écosystème n'entre dans une boucle de réaction négative et tue les formes de vie par milliards. Nous n'allons pas arriver à ces fins en sacrifiant nos vies pour les automobiles, en négociant nos droits de l'homme contre des chaussures, en tuant nos gens au service l'industrie pharmaceutique, en cachant notre créativité au service des multinationales.

Nous pouvons faire mieux. Oubliez les pyramides. Contournez la domination du monde.

Le logiciel libre câble le globe. La publication ouverte pourrait juste nous aider à utiliser ces fils pour sauvegarder la planète.

Notes de bas de page
Les exemples de publication ouverte :

* www.active.org.au
* www.Indymedia.org
* www.kuro5hin.org

Aucun de ces sites ne respecte tous les critères ci-dessus pour la publication ouverte. Mais ils en sont assez près. Il y en a probablement des tas d'autres là-bas. Les suggestions sont les bienvenues.

Notez que tandis que slashdot.org a beaucoup de fonctions de publication ouvertes et fut une inspiration importante pour la publication ouverte, je ne pense pas que c'est vraiment de la publication ouverte. Significativement, les histoires (par opposition aux commentaires) proviennent de contributions de lecteurs, mais elles sont traitées derrière des portes fermées.

À propos, aucun des quatre sites cités ci-dessus n'existerait sans le logiciel libre. Je suppose que c'est encore un raison pour laquelle on peut dire que la publication ouverte c'est le logiciel libre.

................

Évidemment je pense que nous pouvons apprendre beaucoup du mouvement de logiciel libre. Une idée que nous n'avons pas développée beaucoup est encore la publication ouverte copyleft, semblable au logiciel libre copyleft. Le copyleft définit comment l'information peut être partagée, détournant les lois de copyright pour assurer que l'information libre peut seulement être réutilisée dans un contexte libre. Cela encourage la croissance d'espaces libres, des zones autonomes, à mesure que le processus de partage de l'information se répand avec l'information elle-même. Cela peut être une partie clef de ce que nous devons définir comme étant la publication ouverte pour nous et pour des collaborateurs potentiels. Le copyleft n'a pas besoin d'être légalement complètement blindé pour être utile. Cela peut être développé dans plus tard, la chose la plus utile serait de commencer par jouer avec la définition. C'est en partie ce que nous faisons avec notre travail de définition du réseau Indymedia. Mais je pense que nous devrions aussi définir comment nous partageons des morceaux d'information plus petits et que le copyleft devienne aussi (comme la Publication Ouverte) un critère d'adhésion au réseau Indymedia. Et la constitution de base d'une information c'est une histoire plus la licence de copyleft qui s'y rattache.

Pour moi, l'idée la plus intéressante jusqu'ici dans ce secteur appliqué aux actualités est l'idée qu'une histoire peut être réutilisée n'importe où, mais seulement à la condition que tous les lecteurs/spectateurs qui la consultent puissent facilement identifier la source de l'histoire et y revenir . Par exemple par un sous-titre sur l'image avec l'adresse Web du site Indymedia d'où l'histoire est venue. Cela signifie que le spectateur peut non seulement vérifier la version originale de l'histoire, mais ajouter aussi son propre jus créateur au flux. Cela aiderait à assurer que partout où va l'histoire, il y a un lien solide qui ramène à ceux qui y ont travaillé, le processus de base qui a permis et permet à de nouvelles personnes de contribuer, de faire subir une mutation et de poursuivre le processus évolutif.

Cela implique vraiment l'abandon du droit d'exiger un paiement à chaque copie faite. Le logiciel libre fait le même sacrifice et il se trouve que ça marche vraiment. Nous devons l'essayer pour des actualités et des documentaires et voir si ça marche bien là aussi.

Un point clef consiste en ce que vous pouvez toujours faire payer pour des copies d'information copyleft. Vous ne pouvez pas juste empêcher quelqu'un d'autre de donner la copie qu'il a acheté, y compris l'accès à la source. Et les sources doivent être disponibles sans coûter plus que le coût brut de distribution.

Et il s'avère que les gens achètent toujours le logiciel libre. Pas mal de gens en fait.

En plus de ça, la réputation de logiciel libre s'étend très rapidement s'il est bon. Ce qui bénéficie au projet logiciel en générant plus de réactions, plus de volontaires pour aider à l'améliorer et dans quelques cas plus d'argent.

Pour un documentaire vidéo l'analogie consisterait à le placer sous copyleft pour que quelqu'un puisse le copier tant que la copie met en évidence que c'était copyleft et n'importe quel spectateur pourrait trouver un lien ramenant à la source (par exemple l'adresse Web du collectif Indymedia d'où elle provient). Mais le fabricant vidéo pourrait toujours faire payer pour faire une copie. Ils pourraient faire payer particulièrement cher pour les réseaux de TV multinationaux qui réclament instamment des copies par exemple. Le réseau de TV devrait payer s'il veut le film rapidement sans s'acharner à chercher quelqu'un d'autre qui l'aurait et accepterait de le copier en vitesse. Et quelle que soit la façon dont ils vont malmener l'original, à cause de la licence de copyleft, ils devront légalement réserver un peu de l'attention de leurs spectateurs à l’adresse Web de la source. Cette attention des spectateurs est une ressource d'une valeur extrême pour le réseau, parce que c'est extrêmement puissant. Cela peut aussi être puissant pour nous. S'ils ne donnent pas l'adresse Web, ils peuvent être poursuivis en justice pour la valeur de cette attention des spectateurs. C'est véritablement une responsabilité juridique .

Il y a des façons de tricher avec le système. Je ne suis pas sûr si cela marcherait, mais cela pourrait être amusant et je pense que ça vaut un essai!

.......

Idéaux et réalité : beaucoup de choses je dis ci-dessus sont des idéaux. Ils ne correspondent pas exactement à la réalité. Mais ils ne sont utiles que dans la mesure où ils permettent d'imaginer des approches différentes.

Par exemple le logiciel libre et la publication ouverte ne sont pas en réalité gratuits, mais le coût est réduit au simple coût de distribution. C'est des centaines de fois moins que le coût d'achat précédent, qui a eu tendance à inclure le coût de voitures de luxe, des maisons et des avions à réaction pour les cadres des multinationales. Il y a une différence réelle.

Un autre point important avec le logiciel gratuit est que la programmation est une compétence très demandée, ce qui donne aux programmeurs un pouvoir peu commun pour un groupe des gens à ce point de l'histoire. Historiquement je pense que cela a entraîné un grand changement social. Un défaut dans ces élucubrations pourrait être que la demande de programmeurs peut beaucoup diminuer alors que l'offre des raconteurs d'histoire et des journalistes est déjà excédentaire, dans le mode de pensée économique.

Cependant, une fois que nous rejetons les modèles divers de surconsommation, nous pouvons créer un cercle vertueux qui nous donne plus de temps de loisirs, une qualité de la vie plus grande tant pour nous que pour les gens vivant dans d'autres pays plus pauvres (financièrement) que le nôtre (je vis dans un pays riche, c'est écrit pour un auditoire de pays riche). Par exemple, se débarrasser d'une voiture crée une quantité énorme de temps de loisir parce que vous ne devez plus passer tout ce ce temps pour gagner assez d'argent pour être coincé dans des embouteillages. De nouveau, c'est simpliste, il y a des questions de planification urbaines à considérer, mais je crois que l'essentiel de tout cela est culturel et l'échange d'informations fait partie du changement de notre culture qui permet d'être plus sensible à nos besoins propres aussi bien que ceux de la planète.

Autrement dit, avec de la chance et beaucoup de dur travail et d'amusement, les choses pourraient juste commencer à tomber en place à temps pour nous permettre de grandir et d'évoluer en tant qu'espèce et en tant qu'écosystème global.

...

Il semble que beaucoup de choses dans nos sociétés soient en train d'être privatisées. La santé, l'eau, les communications, les médias de communauté. Appartenir au gouvernement ou à une association à but non lucratif n'est pas une garantie. Parfois il y a quelques bénéfices tirés de la privatisation. Mais je ne suis pas convaincu que c'est la seule façon d'obtenir de tels bénéfices et il y a de lourdes dépenses. Particulièrement dans des pays plus pauvres, où les prix pour les produits essentiels (comme l'eau en Bolivie) peuvent devenir soudainement hors de portée.

Le logiciel libre ne peut pas être privatisé.

Particulièrement le logiciel libre copyleft.

Les sociétés peuvent l'utiliser, l'améliorer, mais ils ne peuvent pas devenir des détenteurs exclusifs, ils ne peuvent pas nier à d'autres le droit de l'utiliser et de le modifier.

La publication ouverte peut-elle être privatisée ? Je pense que la définition juste sera une protection forte contre la privatisation. Mais les grands effets de la différence subtile entre les licences copyleft et BSD montrent à quel point la définition peut être importante. Jouons avec quelques-unes et voyons lesquelles marchent le mieux.

...

Toute l'agitation autour du partage de la musique et les dotbombs dans les médias dominants cache une tendance importante : Les sites Internet les plus couronnés de succès comptent sur la créativité de leurs utilisateurs, pas sur des producteurs professionnels comme c'était la tradition avec des médias électroniques précédents.

  • geocities.com est un univers des pages Web où n'importe qui peut ajouter ses pages, et le dernier truc que j'ai entendu dire c'est que c'est un des dix premiers sites Web (imaginez une chaîne de télévision où les spectateurs pourraient contribuer ce qu'ils ont aimé et que cela passe dans le Top Ten : cela semble peu probable et c'est un exemple qui explique pourquoi Internet est si différent de la TV)
  • amazon.com compte beaucoup sur ses lecteurs pour leurs avis sur les livres (et ils ont acheté imdb.com, qui est une compilation massive de données d'utilisateur sur des films)
  • egroups.com c'est des gens qui se réunissent dans des groupes et papotent sur ce qui les passionne
  • ebay.com c'est des gens qui se vendent des trucs de l'un à l'autre : un bazar, pas une allée ce centre commercial pleine de magasins franchisés

Tous ces sites sont des sites ayant une grande audience, et tous ils facilitent la créativité, plutôt que d'être créés directement par leur propre personnel. Bien sûr, quand quelqu'un peut contribuer, vous avez un problème qui est que les utilisateurs doivent se figurer par eux-même en quoi et en qui ils peuvent avoir confiance. La plupart de ces sites sont couronnés de succès parce qu'ils ont imaginés quelques solutions pour rendre ça plus facile et y arriver, souvent l'utilisation d'une sorte de système d'évaluations par les utilisateur (éditorial piloté par les utilisateur). Ainsi ces sites ont tous un peu l'esprit de la publication ouverte.

Sur les vieux systèmes à sens unique, les médias communautaires étaient l'exception. Sur Internet, les médias communautaires font partie du courant dominant.

Oui, il y a eu des histoires montrant que les utilisateurs d'AOL passent la plus grande partie de leur temps à utiliser juste les services d'AOL, ce qui implique que les gens sont heureux de rester sur la terre d'entreprise d'AOL. Cependant, ces histoires n'ont pas révélé ce que ces utilisateurs faisaient. J'estime qu'ils font probablement de l'e-mail, de la messagerie instantanée et juste un peu de navigation. Puisqu'ils utilisent des outils d'AOL pour faire l'e-mail et la messagerie et que cela compte comme du temps d'AOL, on aurait en fait une meilleure indication de la diversité de leur navigation si on regardait juste le temps passé à la navigation . Le reste du temps ils le passent en communication avec d'autres utilisateurs. Chaque fois dans le passé qu'un réseau fermé a été essayé, il a laissé tomber quand il a dû faire face à Internet (le plus grand exemple était compuserve). Donc AOL est peut être plus proche qu'un autre de la création d'une version de centre commercial sur Internet, mais ils sont toujours beaucoup plus loin qu'ils voudraient vous le faire croire.

Les gens veulent communiquer, ils veulent être créateurs. La TV est une technologie qui ne peut pas manipuler très bien de telles choses, cependant nous avons réussi à nous convaincre après les décennies de TV que nous avons besoin de professionnels pour raconter notre propre petite histoire.

Imaginez que vous essayez de vendre des téléphones qui ne pourraient appeler que Pizza Hut ou qui ne pourraient envoyer que des messages écrits par les cartes postales Hallmark ? Personne ne les achèterait (ça a été essayé : une des toutes premières idées de commercialisation pour le téléphone était que les gens l'utiliseraient pour écouter l'opéra). Les gens sont des animaux sociaux, nous voulons utiliser nos outils de communication pour parler à d'autres gens. La seule raison pour laquelle ce n'est pas arrivé avec la TV, c'est parce que la technologie de la TV est seulement à sens unique.

Et donc ce n'est pas parce que la TV n'a pas survécu à des espérances idéalistes, qu'Internet doit suivre le même chemin. Internet est une technologie entièrement bilatérale et cela fait une très grande différence. La raison expliquant que vous ne n'auriez pas entendu parler de cette tendance c'est que la plupart de commentaire sur Internet que nous voyons viennent toujours des vieux médias à sens unique.

Pour en lire plus sur ce sujet, voir mes élucubrations L'Internet est-il élitiste ? [EN]

...

Rédaction ouverte
Jan 2002

Indymedia lutte pour franchir un seuil dans la taille de son audience et dans le nombre de collectifs Indymedia. Beaucoup de groupes d'Indymedia se collettent aussi pour savoir que faire quand ils n'arrivent pas à couvrir un événement important.

Comme la taille de l'audience augmente, le nombre des gens publiant des histoires augmente en conséquence et donc le nombre d'histoires qui sont plus ennuyeuses qu'utile pour la plupart des lecteurs. Un exemple classique est la marée naissante de contribution d'américains sur le site Indymedia de Sydney [Australie]. Les contributeurs ne semblent pas se rendre compte que nous sommes tout à fait capables de cliquer sur un site Indymedia américain si nous voulons entendre des nouvelles américaines.

La publication ouverte je pense a été très importante pour nous aider à trouver de nouvelles façons d'organiser des médias, profitant souvent de ce qu'Internet rend possible. Une partie cruciale du succès d'Indymedia à Seattle en novembre 99 était le fil d'actualité ouvert publiant en ligne. Je pense qu'Indymedia doit aborder le niveau suivant en automatisant la rédaction ouverte.

De même façon que la publication ouverte permet à n'importe quel lecteur d'écrire lui aussi des histoires, la rédaction ouverte permet à n'importe quel lecteur d'aider à sous-éditer les histoires d'autres personnes. Ils pourraient aider à trier des histoires selon n'importe quels critères qu'ils estiment important, ou écrire des résumés d'histoires, traduire dans des langues différentes, ou compiler des articles pour les grouper dans un éditorial. Les changements seraient suivis à la trace pour que des auteurs originaux ne soient pas foulés aux pieds. Beaucoup de choses comme ça arrivent déjà, mais l'automatisation mettrait le turbo.

Si c'est bien fait, cela effacera beaucoup de goulots d'étranglement et permettra à la plus grosse part de cette créativité supplémentaire de se brancher sur le réseau. Il rendra les sites plus accessibles pour de nouveaux lecteurs et plus utile pour les activistes des médias. Je pense que cela pourrait avoir un impact semblable à celui de la publication ouverte. Tout ce dont nous avons besoin c’est de quelques geeks pour le mettre en oeuvre.

C'est un peu comme pour les moteurs de recherche Web. Altavista était bien meilleur que tout le reste à la fin des années 90, mais alors le Web est devenu trop grand, l'approche d'AltaVista est devenue inefficace et google est intervenu avec une méthode plus efficace pour tirer un sens d'Internet sans imposer un ordre centralisé et sans oublier des choses. De façon intéressante, google a avancé l'idée d'estimer les résultats de recherches en fonction du nombre de pages qui lient l'une avec l'autre. Ce qui est proche de l'idée des notations par les utilisateurs que certains d'entre nous ont évoqué pour Indymedia.

Google a traité efficacement l'explosion de l'information et la diversité sur le Web d'une façon dont les méthodes de recherche hiérarchique, ou les méthodes de force brute ne sont pas capables. Attendez-vous à un saut semblable dans l'impact d'Indymedia si et quand la rédaction ouverte commencera à démarrer.

Pour plus d'info sur la rédaction ouverte voir :

...

Je pense que mes divagations pourraient tolérer un peu de rédaction ouverte.

...

Qu'est-ce qu'il y a dans la boîte d'outillage pour la publication ouverte et la rédaction ouverte ?

Juin 2002

On espère qu'à la fin d'un article vous verrez dans le proche avenir des outils comme ceux-ci :

  • outils de publication Ouverts :
    • contribuer une histoire
    • ajouter un commentaire
  • outils de rédaction Ouverts :
    • mettre en évidence cette histoire (ajoutez cette histoire à votre page de meilleures notations, ce qui vous permet à son tour d'envoyer un courrier électronique newsblasts de vos meilleures notations et rassembler des histoires dans un édito à prendre en considération pour la première page)
    • choisir un secteur thématique pour cette histoire (est-ce que cette histoire est à propos de la pauvreté ? des Droits de l'homme ? des Forêts ? Aidez-nous alors à donner du sens au flux et à choisir quelques mots-clés. Aussi, quelle durée la vie cette histoire a-t-elle ? À court terme, à long terme ? Est-ce que c'est une histoire locale ou internationale ? Inclut-elle la perspective locale ?)
    • vérifier les faits (ajouter des sources de faits cités dans cette histoire)
    • Faire une révision majeure (la rendre plus claire, resserrer l'écriture, ajouter de nouveaux points; les révisions apparaissent dans l'encadré; le contributeur ou son délégué doivent approuver avant que cela ne devienne la version affichée par défaut)
    • révision cosmétique (orthographe, grammaire, formatage; comme ci-dessus l'approbation de l'auteur ou d'un délégué)
    • traduire (dans une autre langue, dans une autre culture par exemple de l'anglais à l'espagnol, ou du jargon universitaire au style journalistique classique)
    • vérifier cette histoire (je ne suis pas sûr ce que cela signifie vraiment, peut-être si une histoire a rassemblé assez de meilleures notes pour être considéré pour la première page, ou on a proposé des mots-clés, ou une révision ou on a proposé une traduction et un auteur a délégué à l'audience pour sous-éditer; on demandera alors à des gens tirés au hasard de vérifier si une action proposée est une bonne idée; une formule basée sur la taille de l'audience et la créativité détermine le seuil déclenchant pour l'action)
    • inscrire d'autres histoires ayant besoin de vérification (si on a donné des votes aléatoires à l'utilisateur, je pense)
    • marquer cette histoire comme extravagante, inopportune (des conditions strictes : un duplicata mot pour mot, le résumé ne correspond pas à l'histoire, l'histoire contient un virus logiciel, le spam, ou des images choquantes sans contexte politique - le marqueur doit fournir un court commentaire (et facultativement un commentaire complémentaire plus long) quand à pourquoi; des utilisateurs ayant un karma bas peuvent seulement publier un nombre limité d'histoires, par exemple une par semaine)
    • ignorer cette histoire, m'en montrer une autre (si l'histoire est ennuyeuse, donc on se déplace juste sur la chose suivante, aucun besoin de prendre une action explicite)

Barre d'outils :

  • statut de l'article : est-ce que c'est une contribution fraîche ? à la poubelle ? Le nombre de commentaires, le nombre de fois qu'il a été mis en évidence, le propose-t-on pour la première page ? Un lien vers le journal de toutes les actions éditoriales pour cet article.
  • Mises en exergue [Highlighters] : liens avec les pages des gens qui ont choisi et mis cet article en exergue
  • Mots-clés : liste des mots-clés et histoires récentes avec les mêmes mots-clés
  • Révisions : liste des révisions proposées et des versions précédentes
  • Traductions
  • Vérification de Fait : sources de liste d'information et statistiques dans cet article
  • Commentaires : montrez une sélection de commentaires attachés à cet article; montrez le nombre total de commentaires; donnez des outils pour plonger dans la discussion (par exemple quels sont les commentaires les mieux évalués ? Les commentaires récents ?)

Maintenant la partie difficile consiste à trouver un équilibre entre la créativité de l'audience et le très petit pourcentage des gens qui veulent perturber un espace créatif.

Il peut y avoir des étapes différentes à franchir. C'est parce que le taux de participation de l'audience (voir ci-dessous) change au fur et à mesure qu'augmente la taille de l'audience. Une audience plus petite pourrait avoir une sensation de confort et donc un pourcentage plus haut de contributeurs créatifs. Une plus grande audience aura tendance à franchir un seuil où les gens perturbateurs sont assez nombreux pour avoir un effet majeur.

Il y a aussi la différence entre la couverture en temps réel d'un événement majeur, et la couverture au jour le jour d'une ville ou d'une problématique.

Donc le mode par défaut doit être que les gens peuvent contribuer avec des choses que d'autres membres de l'audience peuvent voir immédiatement.

Enlevez alors un petit nombre de contributions qui sont dangereuses pour le site dans l'ensemble. Par exemple du spam ou des virus ou des articles qui attirent des procès. Ce sera aux collectifs d'imaginer chacun où tirer la ligne pour lui-même.

Pour le reste, c'est une question de priorité. Pour un site avec un gros trafic, un nouvel article devrait passer des contrôles divers pour arriver sur la première page. Une tension clef surgit pendant la couverture en temps réel d'un événement, entre le besoin de vérifier des histoires et le désir de voir que les nouvelles passent rapidement. Mais vraisemblablement s'il y a une grande audience pour un évènement en direct (l'audience d'Indymedia explose d'habitude à ces moments là), il y a donc plus de personnes pour aider avec la rédaction ouverte et ainsi des possibilités pour que les nouvelles importantes arrivent sur la première page plus rapidement. Les nouveaux junkies de l'info vont se précipiter sur les dernières nouvelles et nous avons besoin exactement de ces gens-là pour aider mettre en évidence la substance qu'il faut donner à voir à une plus large audience.

La chose principale est que les contrôles sur la priorité d'une histoire ne peuvent pas impliquer trop de retards intégrés (par exemple un délai de sept jours pour les votes d'un collectif pré-défini), si vous voulez un système flexible. Idéalement n'importe quelles mesures utilisées sont liées à une sorte de moyenne grossière de l'audience actuelle et au nombre d'articles et de contributeurs.

Une autre chose à considérer est que quelques histoires ont une durée de vie courte, peut-être quelques heures ou quelques jours seulement, alors que d'autres - considérées comme des opinions, des couverture détaillées de problèmes - peuvent rester valables bien plus longtemps.

Mais de quels contrôles avons-nous besoin ? Pouvons-nous construire une sorte de structure grossière qui peut s'adapter à ces scénarios divers ?

Commençons par faire confiance à la plupart des lecteurs qui sont capables de juger quand une histoire est importante et assez intéressante pour recommander que d'autres gens la regardent. C'est quand ils pourront vouloir le mettre en évidence sur leur page de préférences personnelles. Ce qui est cool avec ça c'est qu'il n'y a aucun besoin de vérifier l'action, parce que cette page appartient à cet utilisateur et n'importe quelle personne avec qui il veut partager l'accès en écriture.

Quelques lecteurs pourraient seulement mettre en évidence des histoires que beaucoup de personnes estimeront inutiles. Bien, c'est toujours utile dans un sens et cela ne nuit vraiment à rien à ce point.

L'étape suivante consiste à utiliser ces choix de préférence, de notation (ou d'autres choix de rédaction comme des révisions et des traductions) pour changer la priorité d'une histoire.

C'est là que vous devez essayer d'empêcher qu'on abuse du système. Un tel garde-fous doit bien sûr être documenté d'une façon ouverte (utiliser des logiciels libres, montrer le journal de changements du statut d'un article, lister les actions éditoriales qu'un utilisateur a effectuées, exiger des commentaires pour de telles actions et permettre finalement à quelqu'un de fouiller dans la poubelle).

Une caractéristique utile des abus est que (presque par définition) ils semblent être le fait d'un très petit pourcentage de l'audience. Donc une tactique essentielle doit être d'essayer d'encourager une aussi grande section de l'audience que possible à s'impliquer dans la publication ouverte et la rédaction ouverte, et de faire en sorte que le collectif qui fait tourner le site donne le bon exemple en utilisant ces outils. Une plante saine a probablement moins de chance d'être attaquée par des parasites.

Une autre tactique pour cela consiste à exiger des confirmations indépendantes et aléatoires. Vous ne devriez pas être capables d'augmenter la priorité d'un article si c'est vous qui l'avez écrit. Vous ne devriez pas être capables (facilement) d'organiser un petit groupe des gens pour augmenter la note des articles des uns et des autres dans ce groupe. La tactique inclut la distribution de votes à des utilisateurs aléatoires et la limitation du nombre de votes (basé sur une certaine formule liée à l'audience et le nombre de contributeurs ce jour ou cette semaine-là).

Une autre tactique est l'idée de karma. Les gens qui contribuent au site peuvent se créer une réputation enregistrée dans le logiciel, pour que l'on ait confiance en eux un peu plus, ou un peu moins. Vous ne voulez pas aller trop loin avec cela ou il encourage une clique et commence à filtrer la diversité.

...

Quelques formules pour l'audience et la participation en publication ouverte
1 %, disons, de votre audience à un site de publication ouverte contribuera avec des articles

0.2 % aideront avec la rédaction ouverte, y compris l'élimination du spam

0.1 % contribueront avec des articles en mode publication fermée

0.1 % contribueront avec du spam en mode publication ouverte

0.01 % aideront en mode rédaction fermée

Les chiffres sont des estimations, mais ils donnent une idée des proportions et sont approximativement basés sur mon expérience, par exemple avec de grandes listes d'adresses et la statistique pour www.Indymedia.org au début de 2002.

Publication Ouverte/Rédaction ouverte : j'entends par là qu'elles sont encouragées et faciles à utiliser et bien conçues.

Ainsi si vous avez seulement 10 personnes dans votre audience, la rédaction ouverte n'est pas utile et en moyenne 1 personne seulement contribue avec des articles.

Si vous avez 1000 personnes dans votre audience (ce qui se traduit par beaucoup de hits dans les stats) alors vous avez 100 personnes qui écrivent des articles, et ça commence à devenir intéressant.

Si, disons, il s'avère que vous avez besoin de 100 personnes pour faire de la rédaction ouverte pour que cela commence à être utile (ça ne sert à rien si seulement une personne fait des évaluations) alors vous avez besoin d'une audience de 10.000 personnes.

Vraisemblablement, ces pourcentages sont en réalité un peu haut. Ils tombent probablement un peu au fur et à mesure que l'audience augmente. Les systèmes fermés auront tendance à atteindre une limite, au-delà de laquelle la communication au sein de l'équipe devient très dure, ou de plus en plus hiérarchique, particulièrement si l'équipe travaille depuis longtemps. Il y a des tas d'autres facteurs bien sûr aussi. Et bien sûr "ouvert" et "fermé" sont assez vagues, en fait il y a une gamme complète entre les deux, et ainsi plus le système est ouvert plus il aura tendance à faire monter les chiffres et plus il est fermé plus il les fera chuter.

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Avril 2002

Le "New-York Times" dit que la communication rend le monde moins tolérant. Mais alors qu'ils mentionnent Internet au début de l'histoire, la plus grande partie de l'article parle en réalité de la télévision mondiale. S'il est une chose, c'est que cela renforce les arguments pour la publication ouverte. Il ne s'agit pas de savoir uniquement si les communications sont globales, mais comment elles sont globales.

Un des commentaires de slashdot pointe un autre problème : les téléspectateurs sont plus attirés par les conflits.

Le conflit est un élément de base d'un bon drame. Si tout le monde s'entend dans une histoire, c'est une histoire ennuyeuse. C'est une question qu'Indymedia doit traiter. Jusqu'ici la couverture d'Indymedia la plus populaire a été celle des grands conflits avec les autorités pendant les grandes protestations. Si nous voulons nous écarter de cela, nous devons trouver une façon de présenter le conflit intéressant dans une histoire qui présente toujours des possibilités positives plutôt que d'être tout dans le négatif. Conflit et créativité. Coopération et compétition. Nous devons trouver un bon équilibre entre ces extrêmes.

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Septembre 2002

Le contenu n'est pas roi. Je l'ai dit pendant des années, mais nulle part avec autant d'éloquence qu'http://www.firstmonday.dk/issues/issue6_2/odlyzko/>Andrew Odlyzko.

Qu'est-ce que cela signifie pour la publication ouverte ? Pourquoi se casser la tête pour rendre ouvert le processus pour créer le contenu si le produit fini n'importe pas tant que ça ?

Parce que ce qui importe vraiment c'est la communication, l'interaction sociale. Et la publication ouverte signifie que le processus pour créer le contenu est ouvert à l'engagement des gens. Le logiciel automatisé et le Web rendent la publication ouverte accessible et possible pour un nombre de gens beaucoup plus grands que jamais auparavant, malgré les efforts des médias communautaires les meilleurs, les plus nobles et les plus excellents.

Et ce processus d'écrire des nouvelles, les publier, les commenter, les éditer, cet engagement des gens dans la tâche fondamentale de dire une bonne histoire, de trier les histoires importantes et de faire un bon vieux hochement du menton quand le conteur a fini. Ce processus peut s'avérer être plus important que l'histoire elle-même. Ce processus est ce qui peut ouvrir de nouvelles idées, de nouvelles occasions, de nouvelles actions pour la justice sociale. Que le processus soit ouvert, que plus de personnes entrent et aident à le faire marcher. Voilà qui renforcerait le tissu de notre société, nous permettrait de réparer les maux et améliorer nos vies.

Une chose que j'ai dite ces derniers temps est qu'Internet est une béquille pour la communication. Nos villes nous ont dispersé et ont rendu difficile les rencontres et la communication entre les gens. L'espace partagé est avant tout réservé aux voitures et au commerce. Les gens ne sentent pas en sécurité lorsqu'il s'agit de rencontrer d'autres gens en public.

Donc Internet ressemble à une béquille, nous nous appuyons dessus lourdement lorsque nous communiquons et lorsque nous nous retrouvons, nous en servant pour rencontrer les gens avec qui nous avons des points en commun, et imaginer qui nous sommes vraiment, nous autres les humains. Mais il n'y a rien qui remplace la réunion en chair et en os. Aussi un jour, il y a une chance que la béquille disparaisse, s'effaçant dans un rôle mineur, quand nous réparerons nos villes et nos vies et retrouverons la société dans la rue et les bâtiments et les espaces libres de nos vies.

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Indymedia, Internet et la classe moyenne mondiale
Décembre 2002
Le troisième anniversaire d'Indymedia

La plupart de gens que j'ai rencontrés dans Indymedia sont blancs, appartiennent à la classe moyenne, dans un contexte de langue anglaise. Des gens comme moi.

La plupart, mais pas tous.

Indymedia dépend principalement d'Internet et je pense qu'Internet est un outil de la classe moyenne. Cela fait toujours une audience potentielle de centaines de millions des gens autour de la planète.

Et je pense que beaucoup de ces gens sont ignorés dans les médias dominants, dominé comme ils sont par 6 sociétés, pas plus. Beaucoup de ces gens de la classe moyenne sont ignorés dans des élections, où le président des Etats-Unis est élu par à peine 1 % de la population de la planète.

Je pense que quand vous critiquez Indymedia et Internet, il est important de se rappeler ce que nous avions auparavant.

Qu'est-ce qui est mieux ? Les médias d'entreprise, ou Indymedia ? La Télévision ou Internet ?

Il y a des limites évidentes à ce qui peut être fait avec une audience essentiellement de classe moyenne. Si l'on s'en tient juste aux nombres seuls, cela ne peut pas être la base unique d'une démocratie planétaire.

Les Etats-Unis, malgré toutes leurs fautes, ont fait beaucoup de bonnes choses en donnant du pouvoir à sa classe moyenne, plutôt que laisser tout le pouvoir à la famille royale.

De tous temps, dans l'histoire américaine, les gens ont dit qu'on devrait faire plus pour respecter tous les droits de gens. Il y a une histoire très tragique de ce qu'est arrivé au lieu de cela, et qui arrive toujours aujourd'hui. Mais au moins, au moins ils ont fait ce qu'ils ont fait. Après tout, quelques batailles populaires ont été gagnées. Dire autrement c'est passer par pertes et profits tous les accomplissements, la diversité et les gens des Etats-Unis. Je pense que nous pouvons reconnaître ce qui est bon, sans ignorer le mauvais.

De nos jours, avec le pouvoir devenu mondial, j'estime que donner plus de pouvoir à un milliard de personnes doit être mieux que de le laisser à une poignée de Méga-corporations.

En fait je pense qu'une des raisons qui explique pourquoi le gouvernement des EU a tellement perdu la raison au cours du dernier siècle est que le pouvoir est devenu mondial, mais la démocratie ne l'est pas devenue. Ce qui signifie que même aux Etats-Unis et dans d'autres des "démocraties occidentales", la démocratie nationale est sans signification et se sent dépassée.

Comment pouvons-nous faire encore mieux ?

Je pense qu'un part de cela c'est de faire en sorte que les gens qui ont des ressources apprennent ce qui se passe pour ceux qui n'en n'ont pas. Et qu'une autre partie se partage ces ressources.

Beaucoup de collectifs Indymedia travaillent consciemment à ça. Ils mettent en place des centres de médias et forment des gens à les utiliser. Ils impriment des histoires et distribuent des journaux gratuits. Ils collaborent avec des stations de radio. Il y a des liens avec les groupes de résistance dans les pays pauvres, de la collaboration entre le nord et le sud.

Ces sortes de choses doivent être faites avant qu’Indymedia puisse vraiment prétendre s'appeler le média des gens. Ce média vraiment démocratiques jouerait un rôle crucial dans la réalisation de la démocratie réelle et des droits de l'homme pour l'ensemble des 6 milliards de personnes sur la planète.

En attendant, vous pouvez passer par profits et pertes cette classe moyenne globale si vous voulez.

Je suis plus optimiste.

...

Plus je pense à ce que les EU et d'autres démocraties de classe moyenne ont fait aux pauvres gens de leurs pays et du monde entier, plus je m'inquiète de la démocratie selon les médias globaux.

Même si cette démocratie de la classe moyenne aujourd'hui est peut être un peu une comédie, cela ne l'améliore en rien que de laisser pour compte les pauvres de la planète.

Je pense toujours qu'Indymedia doit être une étape dans la bonne direction, mais cela laisse pas mal de route à faire.

Mais prendre conscience de ce dilemme et s'en soucier est une étape importante pour découvrir des solutions et réparer tout ça. Au moins, ne pas feindre qu'Indymedia est pour "chacun", on n’en est pas encore là. Mais assurez-vous que nous reconnaissons ce que nous avons fait et continuons à travailler pour étendre le cercle des diversités de toutes les sortes.

...

Beaucoup d'idées exposées ici ont été dérobées sans honte à d'autres endroits. Je devrais vraiment rendre crédit à ces lieux et à ces gens. Ou, si vous aimez une idée ici, supposez je vous prie que je l'ai empruntée et faites une recherche Web pour la retrouver (en réalité vous devriez attendre quelques années pour pouvoir utiliser des moteurs de recherche qui peuvent retrouver des idées par opposition à des expressions).
L'article ci-dessus décrit la première de trois idées folles pour la diffusion sur le Web. Pour la suite de mes élucubrations, voir ma page d'accueil

Vous pouvez copier et distribuer cet article, tant que vous incluez l'adresse Web de l'original (http://www.cat.org.au/maffew/cat/openpub.html) de façon à ce que toute l'audience puisse la voir. Veuillez me faire savoir si vous le reproduisez vraiment quelque part, particulièrement si vous y faites des changements.

$Id : openpub.html, v 1.19 2002/12/02 00:39:47 maffew Exp $

[1] NDT: en anglais il y a une ambiguité entre libre (free) et gratuit (free) que l'auteur essaie de lever dans ce paragraphe.

-- JjMeric - 14 Jan 2003 ImcFrance
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