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Local.NantesCommr1.10 - 08 Nov 2005 - 14:00 - AlsteRtopic end
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Communiqué du collectif de modération Indymedia Nantes- Version 1.2

Le collectif Indymedia Nantes s'excuse pour la gène occasionnée suite à la fermeture de son site http://nantes.indymedia.org. Celle-ci est indépendante de notre volonté, et résulte, sans doute, de l'action conjointe des gouvernements suisses, anglais, américains et italiens.

A l'heure ou nous écrivons ce communiqué, les raisons de la saisie des serveurs anglais du réseau Indymedia demeurent obscures. Nous nous retrouvons dans la situation invraisemblable d'être l'objet d'une attaque des autorités gouvernementales citées précédemment sans en connaitre ni la raison, ni le but.

Deux pistes, sans doute complémentaires, s'offrent à nous. Il pourrait s'agir d'une attaque provenant des autorités suisses. En effet, une plainte contre X a été déposée à Genève, suite à la publication sur notre site de photos de deux individus, prenant la pose, présentés comme policiers membres de la cellule anti-G8. Le FBI était intervenu auprès de notre Fournisseur d'accès internet (FAI) pour nous demander de retirer cette contribution. La seconde piste proviendrait d'Italie. En effet, l'Allianze Nazional (un partie d'extrème droitre au pouvoir) a déposé plainte contre Indymedia italie suite à la publication de texte anti-militariste. D'autre part, le parquet de Bologne a demandé une commission rogatoire à propos des communiqués publiés par la Federation Anarchiste Informelle sur le site IMC d'italie. Cependant le parquet de Bologne ne semble pas avoir demandé la saisie des serveurs.

L'action du FBI est de toute façon une manoeuvre d'intimidation visant à fragiliser le réseau Indymedia. Ces derniers mois, le gouvernement fédéral des USA a attaqué de nombreuses fois les médias indépendants. En juillet, un membre de IMC Chypre était espionné par la CIA suite à la publication sur leur site, de documents prouvant l'ingérence américaine dans le référendum sur la réunification de Chypre. En août, les services secrets ont employé une injonction afin de faire pression sur IMC New York avant la Convention Républicaine (RNC), en essayant d'obtenir les logs d'IP des fournisseurs d'accès aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Le mois dernier, la Commission Fédérale des Communications US (FCC) a fermé les stations radio communautaires à travers les USA. Il y a deux semaines le FBI a demandé qu'Indymedia supprime un article sur IMC Nantes qui contenait une photo de policiers suisses démasqués, et des bénévole d'IMC Seattle ont reçu la visite du FBI au même sujet. Par la saisie des serveurs, les autorités américaines ont réussi à faire taire une vingtaine d'indymedia de part le monde.

La démarche du FBI ressemble clairement aux pratiques en cours dans des pays connus pour leur longue tradition "démocratique" tel que la Corée du Nord ou la Tunisie. En effet, le FBI a agi à la demande d'un pays tiers, mais en totale illégalité. En effet, il a suffi à l'Electronic Frontier Foundation (EFF) de souligner ce caractère illégal pour que les serveurs soient restitués (ces serveurs ne sont pas remis en ligne car considérés comme "hackés"). De plus il ne viendrait à l'esprit de personne de fermer plusieurs dizaines de sites pour un message génant dans un forum. L'action du FBI est donc extrèmement géo-politique.

Nous nous sommes trouvés, durant cette histoire, privés de notre media libre. Alors que pendant ce temps les medias dominants justifiaient l'intervention de la police, ou ne tiraient pas les conséquences d'une telle pratique discrétionnaire et arbitraire (que se passerait-il si le FBI fermait une vingtaine d'imprimeries ?). Lorsque la police censure, les chiens de garde aboient. Le balai de la désinformation a au moins le mérite de prouver l'utilité et l'urgence d'un développement des medias libres. Nous publierons bientot une analyse des articles de presse publiés a propos de cette histoire.

Nous saluons au passage les journalistes qui ne se sont pas limités aux mensonges de la police et de la justice et qui ont senti toute la portée d'une telle pratique - ils se reconnaitront, ils ne sont pas nombreux... Nous remercions aussi pour leur réaction rapide la ligue ODEBI, Reporters Sans Frontières, la Federation Internationale des Journalistes, la Féderation Anarchiste, le Syndicat Interprofessionnel de la Presse et des Medias-CNT....

Enfin, nous tenons à remercier chaleureusement pour leur soutien tant moral que technique, Canal Ty zef de Brest, Le CIRC de Bretagne, le collectif IMC Lille, le collectif IMC Nice pour nous avoir hébergé de manière provisoire, samizdat.net pour sa réaction rapide et son soutien logistique, et l'ensemble des techniciens bénévoles qui ont travaillé d'arrache-pied pour rétablir les sites.

NOUS SOMMES PARTOUT !!! NOUS SOMMES NOMBREUX !!! RIEN NE NOUS ARRETERA !!!!

Le collectif Indymedia Nantes

Post scriptum: Vous pouvez apporter votre soutien à Indymedia en signant la pétition ici->http://solidarity.indymedia.org.uk/.

Et aussi pour s'amuser et se détendre un petit jeu vidéo sur cette histoire http://www.molleindustria.it/indy.html.

Enfin des actions de soutien ont aussi lieu un peu partout dans le monde http://www.indymedia.org/fr/2004/10/112181.shtml

Pour en savoir plus sur cette histoire vous pouvez vous reférer aux articles suivants :

Le FBI saisit des serveurs IMC au Royaume-Uni http://www.indymedia.org/fr/2004/10/112007.shtml

L'Italie et la Suisse ont fait saisir des serveurs Indymedia http://www.indymedia.org/fr/2004/10/112050.shtml

"Bas les pattes" d'Indymedia aux autorités US, Anglaises, Suisses et Italiennes http://www.indymedia.org/fr/2004/10/112090.shtml

Le matériel informatique d'Indymedia a été restitué, mais les questions restent http://www.indymedia.org/fr/2004/10/112174.shtml

Indymedia – ahimsa http://nice.indymedia.org/article.php3?id_article=7105

NANTES ET LE FBI [FR][EN] http://nice.indymedia.org/article.php3?id_article=7107


Voici les trois communiqués proposées.

Par abracad et lapinou :

Nous souhaitons dissiper un certain nombre d'inexactitudes.

- Indymedia n'est pas un site de journalisme mais un forum de libre expression, les collectifs de modération ne sont donc pas à l'origine des articles publiés.

- Contrairement à ce que disent la police et la plupart des media, il n'y a jamais eu de données personnelles (noms, prenoms ou adresses) sur le site Indymedia de Nantes.Seules les photos de deux individus souriant et prenant la pose illustraient une dénonciation du fichage politique en cours en suisse.Conformément aux recommandations du FBI, nous avons masqué les visages.

- Nous ne sommes pas des terroristes internationaux, à moins qu'exprimer un point de vue divergent soit considéré comme du terrorisme.

- Le collectif Indymedia Nantes se joint aux multiples dénonciations des pratiques de censure.


Par sieste

Communiqué du collectif de modération Indymedia Nantes

Nous souhaitons dissiper un certain nombre d'inexactitudes relayés suite a la saisie de nos serveurs par le FBI.

- Indymedia n'est pas un site de journalisme mais un forum de libre expression, les collectifs de modération ne sont donc pas à l'origine des articles publiés.

- Contrairement à ce que disent la police et la plupart des media, il n'y a jamais eu de données personnelles (noms, prenoms ou adresses) sur le site Indymedia de Nantes. Seules les photos de deux individus souriant et prenant la pose illustraient une dénonciation du fichage politique en cours en suisse. Suite a la demande du FBI nous avons masqués les photos des deux personnes. Cette déinformation ayant été relayé par un certain nombre de medias en France et à travers le monde, pratiquant ainsi une désinformation généralisée, et justifiant l'intervention sans doute illégale du FBI à la demande des autorités Suisse et italiennes. Peut etre qu'un procés pour diffamation pourrait nous rapporter beaucoup d'argent, et faire taire de nombreux menteurs....

- Peut etre que leur réaction aurait été tout autre si ces memes journalistes se seraient connectés sur les sites d'indymedia ou cette affaire est analysée et étayée par des arguments solides, ou encore avaient lu les echanges de mails disponibles publiquement sur le web.

- Peu de voix s'élévent du coté des journalistes (nous saluons au passage les journalistes qui ne se limitent pas au mensonge des policiers, et de la justice, et qui prennent en compte toute l'ampleur de cette histoire - ils se reconnaitront ils ne sont pas nombreux) pour dénoncer cette acte de censure, qui équivaudrait a fermer une vingtaine de journaux. Mais bon, lorsque la police siffle la fin de la récré, les chiens de garde aboient.

- Nous ne sommes pas des terroristes internationaux bien que l'accord de mutuel assistance utilisée par le FBI et les gouvernements suisse, italien et anglais pour nous faire taire le sous-entendent, à moins qu'exprimer un point de vue divergent soit considéré comme du terrorisme. Il semble alors que cette intervention soit illégale.

Nous ne pouvons alors que convenir que l'intervention policière que le réseau indymedia a subi, est une intervention politique de type fasciste, visant a priver des millions de personnes à travers le monde de cette outil d'expression qu'est le réseau indymedia. Cette intervention provoquant la fermeture de plusieurs dizaines de sites indymedia, n'est pas sans rappeler ce qui peut se faire dans des pays connus pour leur tradition démocratique tel que la Corée du Nord ou encore la Tunisie. En effet, si les photos ont été masqués et qu'aucune coordonnées n'ont été communiquées, la justice suisse, le FBI ou encore l'italie ne peuvent pretexter que c'est pour cette raison que des serveurs d'indymedia ont été saisie, d'autant plus que ces denriers ne sont jamais rendus en contact avec nous, pour nous demander de retirer l'article en question. Il ne viendrait à l'esprit de personne de demander la saisie d'un immeuble et l'expulsion de ses habitants, sans meme en aviser les residents, sous le pretexte qu'un article critique sur la police a été collé sur la façade. On demandrait juste d'enlever l'affiche.

Nous ne pouvons que constater que le reseau indymedia a subie ces derniers mois de nombreuses attaques par le gouvernement fédéral des USA. En juillet, la CIA espionnait un membre d'IMC chypre qui avait dénoncé les pressions du gouvernement americain sur le referendum sur la reunification de l'ile. En août, les services secrets ont tenté de perturber l'IMC New York City avant la Convention Républicaine (RNC) en essayant d'obtenir les logs d'IP des fournisseurs d'accès aux USA et aux Pays-Bas. Le mois dernier la Commission Fédérale des Communications US (FCC) a fermé les stations radio communautaires à travers les USA. Il y a deux semaines le FBI nous a demandé, par intermediaire interposé, de supprimer un article sur IMC Nantes qui contenait une photo de policiers suisses, et des bénévole d'IMC Seattle ont reçu la visite du FBI au même sujet.

On ne peut qu'emettre des suppositions a ce stade, car nous ne savons toujours pas pourquoi les serveurs ont été saisie. Cependant nous pouvons signaler que IMC New-York publie en ce moment, à un mois des elections americaines, des doutes de spécialistes sur la fiabilité des machines de votes. L'occasion semblait trop belle...

Le collectif de modération d'indymedia Nantes ne peut que se joindre aux dénonciations de cette censure. Nous tenons particulièrement a remercier pour son soutien tant morale que technique Canal ty zef de brest, le collectif imc-lille, le collectif Imc- Nice pour nous héberger de manière provisoire, samizdat.net pour sa réaction rapide et son soutien logistique, et l'ensemble des techniciens bénévoles qui travaillent d'arrache pied pour retablir les sites.

Cette histoire nous conforte dans l'idée de l'urgence de dévellopper des medias indépendants, tache que nous poursuivrons. Nous ne nous arreterons pas, nous sommes partout, nous sommes nombreux.

Le collectif de moderation de Indymedia Nantes


Par valk

communiqué du collectif de modération Indymedia Nantes

Nous souhaitons dissiper un certain nombre d'inexactitudes.

- Indymedia n'est pas un site de journalisme mais un forum de libre expression. Les collectifs de modération ne sont donc pas à l'origine des articles publiés.

- Le 7 octobre 2004 en fin d'après-midi, le F.B.I, vraisemblablement à la demande des polices suisses et italiennes, a procédé à la saisie des serveurs Indymedia situés en Grande-Bretagne, gérés par l'entreprise anglo-américaine Rackspace. Depuis cette saisie, une vingtaine de sites Indymedia sont réduits au silence partout dans le monde. Par ailleurs, une distribution Linux et plusieurs streaming radios, n'ayant aucun rapport avec nous, ont été fermés. Rackspace a récemment publié un rapport précisant qu'ils ont dû céder les serveurs conformément au Traité Mutuel d'Aide Légale (MLAT). Le MLAT établit des procédures afin que les pays coopèrent dans les investigations telles que le terrorisme, le kidnapping, et les blanchiments internationaux d'argent. La Cour interdit également Rackspace de faire tout commentaire sur cette saisie. Extrait de la déclaration de RackSpace? : « Rackspace a répondu à une citation à comparaître, publiée sous le titre 28, États-Unis d'Amérique, section 1782, dans une enquête qui ne provient pas des États-Unis. Rackspace agit comme une loyale entreprise citoyenne avec les autorités internationales. La Cour a interdit à Rackspace d'en dire plus en la matière. » Nous n'en savons donc officiellement pas plus.

- Contrairement à ce que disent la police et la plupart des médias, il n'y a jamais eu de données personnelles (noms, prénoms ou adresses) sur le site Indymedia de Nantes. Seules les photos de deux individus, présentés comme policiers, souriant et prenant la pose illustraient une dénonciation du fichage politique ayant cours en Suisse. Conformément à des recommandations du FBI avant cette saisie, nous avions masqué les visages.

- Nous ne blanchissons pas d'agent, ne pratiquons pas la traite d'êtres humains et ne sommes pas des terroristes internationaux, à moins que permettre l'expression de points de vues divergents soit considéré comme du terrorisme.

- Le collectif Indymedia Nantes se joint aux multiples dénonciations des pratiques de censure.

-- SiestE - 14 Oct 2004


Proposition d'un communiqué plus complet par ValK? :

FBI vs INDYMEDIA Un peu comme dans les films hollywoodiens, ou dans la série X-files, le collectif Indymedia Nantes a affaire avec.... le FBI. Ca vous fait rire ? A vrai dire nous ça nous a fait rire, enfin pas longtemps ! Cette histoire nous permet de comprendre comment une simple contribution passée sur le net peut permettre de saisir les ressorts de la censure et les dangers des lois qui bafouent nos libertés élémentaires tel que la LEN ou encore l’USA Act. Dans le texte qui suit vous trouverez tous les détails de cette histoire ainsi que les problèmes que cela soulève. Petit rappel des faits (en essayant d’être clair et concis) Le 8 septembre, Indymedia Nantes reçoit une contribution intitulée : « Photos des 2 flics de la cellule anti-G8 » ( http://nantes.indymedia.org/article.php3?id_article=3910 ). A l’époque se pose déjà la question de l’intérêt d’une telle contribution, mais celle-ci n’étant pas hors charte, elle est validée. Cependant cette contribution nous questionne. Si elle est vrai e, ne s’agit-il pas des mêmes pratiques que la police ? Si l’auteur de la contribution se trompe, qu’en est-il des personnes sur la contribution ? Cette contribution provoque un débat ( http://lists.indymedia.org/pipermail/imc-france-nantes/2004-September/0911-2o.html ) au sein du collectif mais reste sur le site en attendant. Il s’agit de prendre en compte le contexte hypra répressif (http://nantes.indymedia.org/article.php3?id_article=3345 ) en suisse depuis le G8, ou un certain nombre de libertés sont bafouées et ou les sites internet de la police regorgent de photos d’activistes avec des appels à la délation ( http://www.quellesconnes.com/~antig8/aideznous/index.htm ), et où les condamnations à de la prison vont bon train, sans compter les pratiques de la police de se déguiser en émeutiers. On décide donc de laisser tel quel cette contrib’ Et là commence un imbroglio policier international... Le 22 (v’la les keufs !) septembre, par mail (original : http://lists.indymedia.org/pipermail/imc-france-nantes/2004-September/0922-54.html ) nous apprenons que selon Rackspace (le fournisseur d’accès internet de la machine qui héberge le site Indymedia de Nantes basée en Grande-Bretagne) le FBI, pas moins, aurait demandé de retirer la contribution en question. Ce fournisseur est anglo-américain ce qui peut expliquer la demande. Cependant nous sommes étonnés que le FBI, une agence américaine, demande à un FAI anglais, qu’un site internet français retire une contribution a propos de la police suisse. C’est sans doute ça la mondialisation ! ! ! Donc ce fournisseur nous envoie un mail nous demandant de retirer immédiatement cet article. Heu… là, plusieurs question se posent : # Est-ce une blague ? Aucune certitude, quoique ça ait l’air plausible. Nous attendons la réponse à notre mail envoyé à Rackspace. ( http://lists.indymedia.org/pipermail/imc-france-nantes/2004-September/0926-mz.html ) # Que faire ? On décide tout d’abord de cacher provisoirement l’article, puis le 24, en réunion, de masquer les visages pour respecter la "vie privée" de ces individus. De plus, nous ne pouvons pas nous permettre de tenir tête au FAI, car si celui-ci venait à clore la connexion, ce serait plusieurs dizaines de sites Indymedia qui se trouveraient arbitrairement fermés. # Nous n’avons aucun signe qu’une quelconque poursuite judiciaire est engagée. Cela pose la question de la privatisation de la justice, qui donne ainsi un rôle de censure à des entreprises privée. C’est le règne de l’arbitraire, ou nous ne pouvons ni nous défendre ni argumenter. Nous devons alors nous plier à ces demandes. # Comme ça, ça parait drôle, mais ça nous renvoie aussi au contrôle d’internet par les autorités entendu comme police mais aussi entreprises privées. Nous n’avons pas pu réfléchir longtemps …. En France, la loi LEN (http://www.zdnet.fr/actualites/business/0,39020715,2131170,00.htm ) rend directement responsable les FAI (fournisseurs d’accès) du contenu des sites qu’ils hébergent, et leur impose donc d’avoir un rôle de prévention. S’ils ne l’ont pas, ils peuvent être condamnés. Les demandes de communication de log d’adresse ip, peuvent être faites sans qu’il n’y ait de décisions judiciaires... etc... Voir notamment cet article de Paris qui a également été confronté aux pressions policières : http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=26005 Aux Etats-Unis, c’est l’USA Act (ex Patriot Act) qui vise à étendre les pouvoirs de surveillance de la police et des procureurs sur les communications électroniques, en leur permettant notamment de connaître le nom des correspondants. Des dispositions qui, associées à d'autres mesures, concernant par exemple les étrangers suspectés de terrorisme, ont rappelé à certains le maccarthysme qui sévissait dans les années 50. (http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,2097401,00.htm )

Le 7 octobre 2004 en fin d'après-midi, le F.B.I, probablement à la demande des polices suisses et italiennes, a procédé à la saisie des serveurs Indymedia chez Rackspace... qui obéis sans nous prévenir…

Immédiatement, une vingtaine de sites Indymedia se retrouvent brutalement réduits au silence partout dans le monde (voir la liste complète ci-dessous). Par ailleurs, une distribution Linux et plusieurs streaming radios, n'ayant aucun rapport avec nous, ont été fermés.

Rackspace explique alors à des journalistes qu'ils ont dû céder les serveurs conformément au Traité Mutuel d'Aide Légale (MLAT). Le MLAT établit des procédures afin que les pays coopèrent dans les investigations telles que le terrorisme, le kidnapping, et les blanchiments internationaux d'argent. Rackspace explique aussi que la Cour lui interdit de faire le moindre commentaire sur cette saisie et n’avoir aucune information quand aux raisons de cette décision judiciaire. Rackspace considère enfin avoir agit dignement à l'image d'une entreprise citoyenne…

L'état de nos finances n'est pas extraordinaire, nous ne blanchissons pas d'agent, nous ne pratiquons pas la traite d'êtres humains, ne sommes pas une secte, et ne sommes pas des terroristes internationaux… A moins que permettre l'expression de points de vues divergents soit considéré comme du terrorisme. Quand le terrorisme ne sert pas à justifier des interventions militaires ou à faire voter des lois liberticides, il permet de censurer des sites contestataires !!!

Commence alors un magnifique balai d’informations (peu) et de désinformations (beaucoup !) qui a au moins le mérite de prouver l’utilité de sites tels qu’Indymédia, voués à la libre information & à l’éveil du sens critique vis-à-vis des médias.

Permettez-nous donc de rétablir quelques vérités : contrairement à ce que disent la police et la plupart des médias, il n'y a jamais eu de données personnelles (noms, prénoms ou adresses) sur le site Indymedia de Nantes. Seules les photos des deux individus, présentés comme policiers, souriant et prenant la pose ( !) illustraient l’article, photos qui ont transformées après la demande du FBI le 22 septembre… (pour voir le résultat et lire un article qui a reçu le grand prix de la désinformation selon Indymédia : http://www.tdg.ch/tghome/toute_info/geneve_et_region/fbi_g8__7_10_.html )

Nous rappelons qu’Indymedia n’est pas fait par des journalistes, mais est un vaste réseau de centres de médias indépendants qui offre un espace d'informations pour et par les mouvements sociaux. Loin du journalisme, chacun peut en être acteur, que ce soit en contribuant, mais aussi en modérant les articles selon une charte précise. Le principe de base : « Ne hais pas les médias, soit les médias ! » Ainsi, il n’y a aucun « chef », ni porte parole, mais uniquement des modérateur-trices, qui ne se dissimulent pas derrière un mail, puisque tout est public et accessible, depuis le site, jusqu’aux réunions et aux archives !!! Pour plus de précisions encore, les archives de la liste de discussion du collectif Indymedia Nantes sont consultables publiquement et vous y trouverez tous nos échanges au sujet de cette histoire abracadabrantesques ici : http://lists.indymedia.org/pipermail/imc-france-nantes/

Cette coopération internationale (plainte des polices suisses, italiennes, intervention du FBI en Angleterre pour fermer un site français, avec conséquences mondiales) prouve une fois de plus que la globalisation passe avant tout par la globalisation économique et policière. A l'image de nos Etats, le nouvel ordre mondial ne s'embarrasse pas d'éthique ou de principes, mais s'empresse de museler toute plainte et tout discours risquant de troubler la grande messe économique et politique. Le capitalisme mondial a un visage, celui de nos dirigeant-es. En fermant ces sites, le FBI s'attaque directement aux mouvements sociaux. Cette censure arbitraire, si elle reste inégalée au sein du réseau Indymedia, ne présage rien de bon pour les autres médias indépendants. A ce jour, il semblerait que cette saisie ne connaisse pas de précédent !

Si cette censure est brutale, elle n'est pas inattendue... Ainsi, on se souvient qu'en Italie (dont la police est co-auteur de la plainte), le parti d’extrême-droite de la coalition gouvernementale, l'Alliance Nationale, avait réclamé la fermeture d'Indymedia, pour son opposition à la guerre en Irak. En août, les services secrets ont employé une injonction afin d'essayer de perturber l'IMC New York City avant la Convention Républicaine (RNC) en essayant d'obtenir les logs d'IP des fournisseurs d'accès aux USA et aux Pays-Bas. Le mois dernier la Commission Fédérale des Communications US (FCC) a fermé les stations radio communautaires à travers les USA. D'autre part, Indymedia et d'autres organismes de médias indépendants jubilaient à la suite de leurs victoires, par exemple contre Diebold et le Patriot Act. Aujourd'hui cependant, les autorités US ont arrêté des IMCs à travers les monde. .

La liste des collectifs de médias locaux affectés inclut Ambazonia, l'Uruguay, l'Andorre, la Pologne, le Massachusetts occidental, Nice, Nantes, Lille, Marseille, Euskal Herria (pays Basque), Liège, Vlaanderen oriental et occidental, Antwerpen (toute la Belgique), Belgrade, Portugal, Prague, Galice, Italie, Brésil, Royaume Uni, une partie du site de l'Allemagne, et du site radio d'Indymedia global. Certains sont de nouveau en ligne comme Nice, ROyaume-Uni,...

NOUS SOMMES PARTOUT, NOUS SOMMES NOMBREUX, RIEN NE NOUS ARRETERA !!!

-- ValK? - 14 Oct 2004
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