Paris - le 23 juillet 2004
Pendant quelques jours, le site indymedia-paris a subi une véritable attaque de contributions racistes et plus spécifiquement anti-sémites. Le nombre de ces publications a pris de court le collectif de modératrices et de modérateurs qui a réagi aussi vite que possible après avoir été alerté.
Ces textes (essentiellement un et ses copies) ont été retiré du site et le collectif a pris des [décisions->23898] pour mieux y faire face.
La Ligue des Droits de l'Homme nous a prévenue qu'elle portait plainte contre l'auteur de ces contributions. La personne qui a envoyé ces contributions s'est caché derrière un écran (anonymization.net) ne laissant ainsi aucune empreinte...
Depuis des mois, Indymedia-Paris-Idf est l'objet d'utilisations abusives de l'"open publishing" (publication ouverte). Sur Indymedia-Paris-Idf, l'open publishing est un outil d'information mis à disposition des gens et des structures formelles ou informelles (groupes affinitaires) qui luttent pour un monde plus juste. La lutte contre les xénophobies, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, sont des parties non négociables des principes et des buts qui animent le collectif d'Indymedia-Paris-Idf.
Lire également :
- la charte actuelle du collectif indymedia-paris: [->23967]
- les dernières décisions du collectif : [->23898]
{{Les principes du Réseau Indymedia}}
Le premier site Indymedia a été lancé pour la première grande manifestation contre le FMI en 1999 à Seattle aux Etats-Unis.
Dès le départ, l'objectif d'Indymedia a été triple :
- mettre à la disposition des militants altermondialistes un support de diffusion d'informations,
- des outils de communication, de coordination entre groupes
- et proposer une source d'information alternative à celle des médias commerciaux appartenant aux firmes multinationales. Combien de grèves, combien d'initiatives constructives sont en effet volontairement ignorées ou minorées par les médias commerciaux? Le réseau Indymedia vise justement à donner leur place à ces initiatives individuelles et collectives de manière à briser l'isolement et faire converger les luttes. En quelque sorte, imposer notre réalité à l'ordre dominant et résister en existant.
Pour cela le premier collectif d'Indymedia s'est construit avec ces principes :
- ne pas reproduire dans le fonctionnement du site l'organisation hiérarchisée des médias commerciaux, ni l'organisation pyramidale des groupes politiques. Comment critiquer un système si l'on en reproduit le fonctionnement ?
Indymedia s'est donc organisé en groupe affinitaire transparent et ouvert. Les quelques règles suivantes sont constitutives de la philosophie et de la charte que l'ensemble des sites indymedia doivent respecter pour appartenir au réseau.
- le collectif Indymedia doit se réunir régulièrement. Ces réunions sont ouvertes à tous ceux qui veulent y assister. Elles doivent donc être clairement annoncées. Un compte rendu doit être diffusé et accessible.
Toutes les décisions concernant le site sont discutées au sein du collectif et préparées sur des listes de diffusion également ouvertes à toutes et à tous.
- L'ensemble des listes de diffusion est indiqué sur les sites et répertoriées à cette adresse :
http://lists.indymedia.org. Tout le monde peut donc s'y inscrire.
- Cette nécessité de transparence implique que chacun prenne part au débat interne en disposant à l'avance de l'ensemble de l'information et des documents indispensables à la prise de décision.
- Dans cette optique, les archives des listes de diffusion d'Indymedia relatives à l'orientation des sites sont également ouvertes. Tout le monde, membre du réseau ou simple visiteur, peut donc également s'informer sur ces discussions, et cela pour tous les sites Indymedia à travers le monde.
- Cette forme d'organisation réellement transparente et horizontale a prouvé son efficacité depuis 1999. Nous y reviendrons.
Pour plus d'information, nous vous conseillons [la page de wikipedia->http://en.wikipedia.org/wiki/Indymedia] ou [la page en français-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Indym%C3%A9dia].
{{Une politique rédactionelle horizontale et militante}}
En parallèle de cette organisation interne ouverte, Indymedia a introduit et développé un concept innovant concernant la publication d'information sur un site.
Il s'agit de l' "open publishing", que l'on traduit par la 'publication ouverte'.
L'open publishing, c'est la possibilité laissée à chaque visiteur, à chaque militant, à chaque organisation, de publier une contribution sans passer par l'approbation préalable d'un jury. Celle-ci est donc immédiatement accessible, en lecture, sur le site.
Le collectif qui anime un site n'organise pas les contributions avant leur parution, mais seulement après.
Une charte établit les règles de cette gestion. Il ne s'agit pas simplement de publier les infos et les idées partagées par le groupe qui anime le site, mais d'informer, d'ouvrir des débats et de permettre de réagir sans jamais confiner le lecteur au rôle d'observateur passif.
Sur un site Indymedia chaque contribution a donc plusieurs statuts :
{{les différents statuts des contributions}}
- quand elle est envoyée sur le site, elle y apparaît immédiatement. Son apparition dans le fil d'actualité relève plus d'un classement automatique et tacite que d'une véritable expression du collectif.
Sur le site Indymedia Paris {{une puce orange}} et une courte introduction liée à ce texte permettent de repérer visuellement ces contributions. Ces contributions sont ensuite organisées par le collectif à l'aide d'un classement thématique.
Cela ne signifie pas que le collectif approuve son contenu. Mais que cette contribution ne contredit pas les principes du site exprimés dans la charte. Sur le site indymedia-Paris, ce type de contribution s'accompagne d'{{une puce verte}}.
- quand une contribution s'oppose à la charte, son classement se traduit par un retrait manifeste du fil d'actualité.
Néanmoins, ce refus n'entraîne pas son retrait du site. Elle disparait de la page d'accueil et ne sera pas listée dans le moteur de recherche public. La contribution refusée reste cependant accessible et consultable dans une partie déterminée du site accompagnée des motivations qui ont conduit le modérateur à masquer cette contribution et précédée d'un court entête lié à ce texte. Chaque contributeur peut ainsi connaître les motifs du refus et interpeller le collectif s'il le souhaite au sujet de ce choix.
Une contribution écartée est accompagnée d'{{une puce rouge}}.
{Les contributions qui paraissent sur le site Indymedia ne reflètent pas forcément l'opinion du collectif. Chaque visiteur comme chaque membre du collectif peut lui-même publier une contribution qui complète ou s'oppose à une autre contribution.}
Les contributions refusées {{et}} manifestement illégales peuvent être retirées du site. Bien que le collectif y a toujours accès et en garde une trace, elles deviennent inaccessibles au public. La liberté d'expression ne peut être synonyme d'impunité, et le collectif refuse de prendre des risques juridiques pour des propos qu'il a refusé sur le site.
Ce processus de modération et de publication permet une réelle prise de parole. Ceux qui se mobilisent pour transformer la société et abolir les formes d'exploitation disposent ainsi d'un moyen de communication novateur, décentralisé et non hiérarchisé.
Le réseau Indymedia compte aujourd'hui près de 123 sites disséminés à travers le monde, animés par des bénévoles, dans de nombreuses langues. Ils permettent à des millions de contributeurs individuels et de réseaux d'association de percer le mur du silence et de contourner la déformation de l'information opérée par les médias commerciaux.
En moyenne, le site d'Indymedia-Paris recense, près de 2000 visiteurs par jours, et publie plus d'une centaine de contributions.
{Cependant, indymedia s'il prône la publication ouverte demeure un site militant et engagé à progresser vers un autre monde pour une société juste et équitable.} Cet engagement est tout autant rédactionnel que structurel, l'organisation du collectif et son processus de décision l'illustre.
{{Concernant le conflit israëlo-palestinien}}
Le Réseau indymedia est donc une plate-forme de diffusion d'information qui coopère avec des dizaines d'autres réseaux. C'est en France, et à Paris, l'un des seuls media militants, gratuits, indépendants de la presse commerciale et des organisations politiques et syndicales dont nous relayons cependant l'information. La presse commerciale, propriété en grande partie des marchands d'armes (Lagardère et Dassault) ou des multinationales ultralibérales (Bouygues...), boycotte, déforme et met en scène l'information selon ses intérêts du moment. La sphère médiatique voudrait ainsi passer sous licence la multiplicité des réels et des potentialités qui constituent le monde.
Concernant la guerre israëlo-palestinienne, la position du collectif Indymedia-Paris-Idf s'oriente naturellement vers le soutien aux initiatives pour une paix juste.
Sur le site, la page thématique "Israël-palestine" recense plus de 350 articles. Ce nombre d'articles, leur audience, notre positionnement politique ferme nous expose à de virulentes attaques de part et d'autre. Nous sommes accusés de sionisme par les uns, et d'antisémitisme par les autres.
La quasi totalité des organisations, associations et personnalités de gauche, impliquées pour une paix juste en Palestine/Israël doivent également faire face aujourd'hui à ces mêmes procès d'intention.
Il apparaît compliqué d'attaquer Indymedia sur ce type d'engagement en faveur d'une paix juste. On nous accuse donc de publier des contributions antisémites.
Nous publions en effet des contributions anti-sionistes, des articles qui dénoncent la politique coloniale, les exécutions sans procès du gouvernement actuel en Israël, les actes de terrorismes contre des civils, l'amalgame Israël/Juifs et Palestine/Musulmans.
Nous traduisons ou recevons des traductions, en outre, d'informations d'Indymedia en Palestine et d'Indymedia en Israel. {Nous avons le souci, au sein du collectif Indymedia-Paris-Idf, de lutter contre cette guerre et pour la paix, en étant bien conscients que ce conflit n'est pas parisien.}
Nos outils ce sont l'information et la communication. Montrer et souligner ce que les médias commerciaux ne rapportent que rarement ou jamais. Créer un espace de réflexion et de pédagogie pour démonter régulièrement les discours racistes de part et d'autres.
Est-ce cela que l'on nous reproche ?
Nous ne nous laisserons pas faire. Ni les organisations contre lesquelles nous luttons dans nos colonnes, ni à fortiori l'extrême-droite française ne nous empêcheront de défendre nos valeurs contre le racisme.
Enfin, nous ne sommes pas dupes non plus. Une part de cette rumeur vise à la fermeture du site pour d'autres raisons.
Notre mode d'organisation en groupe affinitaire, le caractère transparent de l'ensemble des décisions, la publication ouverte, l'indépendance du site et du réseau en général, bref cette liberté rédactionnelle incontrôlable dérangent bien des organisations politiques.
Mais là non plus nous ne lâcherons pas. {C'est notre part de responsabilité dans les batailles engagées contre le racisme et pour une société équitable que d'animer un media indépendant.}
Texte du collectif qui anime Indymedia-Paris-Idf
Nous vous conseillons aussi de lire des analyses et critiques sur Indymedia Paris qui ont été écrites par des contributeurs et contributrices.
- [Attitude irresponsable d'IndyMedia Paris->http://alternativelibertaire.org/index.php?dir=communiques&page=cpD1203a.html&n=1]
- [Analyse de la haine antisémite sur Indymedia Paris->20818]
- [Une décision sur la suspension des commentaires, non appliquée car le texte explicatif n'a pu être terminé->http://docs.indymedia.org/view/Local/SuspensionCommentaires]
- [Assigner Indymedia pour incitation à la haine raciale?->http://www.upjf.org/documents/showthread.php?threadid=7017]
Toute autres critiques, analyses ou modifications à ce texte sont les bienvenues. Ecrivez au collectif:
cmi-france-paris-contact@lists.indymediaSTOPSPAM.org
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