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Local.VillageArmenienr1.5 - 23 Dec 2004 - 08:49 - GeneXtopic end
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L'article en anglais (en 2 pages) :

1ère partie de l'article

2ème partie de l'article

Traduction en cours (parfois maladroite) :

Le village invisible

Par Sara Leibovich-Dar

Inconnu de beaucoup, mais toujours dans le souvenir de ses anciens habitants - l'histoire du village Arménien de Sheikh Brak est une des ambivalences Israéliennes à propos de l'Holocauste Arménien.

Toutes les deux ou trois semaines, Naomi Nalbandian se rend au village Arménien abandonné de Sheikh Brak, près de Atlit. Quand elle était enfant, elle vécut ici pendant juste un an, mais ce village lui manque encore. "Les années passent et l'abandon du village m'attriste de plus en plus, dit-elle. Si j'avais été plus grande alors, je me serais battue de toutes mes forces contre cet abandon et j'aurais essayé de trouver d'autres Arméniens pour rejoindre la lutte."

La semaine dernière, la veille du Jour de l'Indépendance, Nalbandian, infirmière au service de rééducation de l'Hôpital Universitaire de Hadassah sur le Mont Scopus, laissa l'une des torches cérémoniales sur le Mont Herzl. Elle voulait faire mention de l'Holocauste Arménien pendant la cérémonie. En 1915-16, environ 1.5 million de personne ont été tuées pendant le génocide Arménien perpétré en ce temps par l'Empire Ottoman. L'organisateur de la cérémonie - le Centre d'Informations ("Merkaz Hahasbara") du Ministère de l'Education, de la Culture et du Sport - fit pression sur Nalbandian pour qu'elle ne fasse pas plus qu'une allusion au génocide.

La Turquie continue de nier toute responsabilité concernant l'anéantissement des Arméniens et soutient que le nombre de morts était bien moindre. Et, apparemment, les relations diplomatiques, économiques et lieés à la défense entre Israël et la Turquie sont trop importante pour être compromises par une référence même indirecte à l'holocauste d'un autre peuple. Nalbandian céda, et la procédure a aussi épuisé son énergie à se battre pour avoir la permission de parler de l'autre traumatisme ethnique : l'abandon de Sheikh Brak.

En 1920, quelques douzaines d'Arméniens qui avaient fuit la Turquie pour échapper aux massacres se sont installés près d'Atlit. Un propriétaire foncier Arabe Chrétien leur concéda les terrains du village. Quand il fuit au Liban en 1948, les terrains ont été appropriés et distribués aux kibboutz des environs.

"Votre état et le mien les a abusés et leur a retiré toutes leurs terres", dit l'ancien Minsitre de l'Agriculture Pesach Grupper, un habitant de Atlit qui employait autrefois les Arméniens dans ses champs. Ce n'est pas seulement leurs terres qu'on leur a retiré, leur village n'était plus connecté au réseau élactrique et n'avait pas son propre système d'égoûts. "Mais ils étaient satisfaits. C'était leur manière de vivre," dit Grupper.

L'un après l'autre, les jeunes gens se sont mariés et ont quitté le village. Le dernier Arménien quitta Sheikh Brak en 1981, après avoir reçu une indemnisation de la part de l'Israel Lands Administration (ILA). Chaque famille a reçu un montant d'environ 40 000 $ actuels. "Mais à qui l'état a-t-il payé la grosse somme ?" demande Grupper.

"C'était leur destin," explique Aryeh Simhoni, directeur du conseil régional de Hof Hacarmel. "Ca leur est tombé du ciel. Si j'étais croyant, j'aurais dit que c'était avec l'aide Dieu. Quel était le nom de leur village déjà ? Mubarak ?"

Les grands parents de Nalbandian sont arrivés à Shikh Brak en 1948. Ils avaient fuit la tuerie en Turquie en 1915 et erré à travers la Syrie et le Liban avant de s'installer à Kafr Yasif au tout début des années 1920. En 1948, ils sont allé à Sheikh Brak. A ce moment là, la mère de Nalbandian avait 16 ans et apprenait l'arménien, l'anglais et l'arabe aux enfants du village. "Il y avait 15 enfants qui étudiaient dans une salle qui était divisée en 6 classes," se rappelle sa mère. A 25 ans, elle se maria et partit pour Haifa, où sa fille Naomi est née. Naomi fut envoyée à l'école du village pendant un an. "Je l'ai confiée un peu à mes parents pour que je puisse aller travailler dans une usine de Acre," dit sa mère.

Naomi Nalbandian s'est beaucoup attachée au village : "C'était un endroit merveilleux pour les gosses, un monde entier à lui tout seul. Jsuqu'à ce jour, ça me fait de la peine de penser au village. Lorsque je vais voir ma mère à Haifa, je passe par là et tous les souvenirs attendrissants de la façon dont nous célébrions les fêtes Arméniennes me reviennent. Même après être retournée à Haifa, je passais tous mes week-ends et toutes mes vacances d'été dans ce village. C'est une honte que ça se soit fini de cette façon là. Nous avons capitulé trop facilement. Nous n'avons pas réalisé que nous étions entrain de perdre le seul village Arménien d'Israel."

"Personne ne nous a forcé à partir," dit Salfi Morjalian d'Haifa, qui est né à Sheikh Brak et y a vécu jusqu'à ses 12 ans. "Mais, tactiquement, ils ont essayé de nous rendre la vie difficile façon à ce que nous ne puissions pas rester là-bas. Nous n'avions ni électricité, ni eau courante, ni système d'égoûts. Nous faisions nos affaires à l'extérieur - chaque famille avait trouvé un endroit éloigné et caché pour se faire."

En se promenant sur les restes du village, elle désigna un endroit entouré de cactus : "C'était notre salle de bain. Nous nous baignions dans des bassines remplies d'eau chauffée sur un four à charbon. S'ils nous avaient fourni le minimum vital, nous ne serions jamais partis."

"Si nous vivions toujours là-bas actuellement, nous aurions manisfesté et fait pression," dit Eli (Yeriya) Lafajian de Jaffa, qui est né et a grandi à Sheikh Brak et qui en partit dans les années 1960 après s'être marié.

"Je ne sais pas qui est supposé avoir vu que nous pouvions avoir l'électricité. L'entreprise d'électricité voulait beaucoup d'argent et nos parents n'avaient pas l'argent pour payer le rattachement au réseau. Nos parents étaient timide. Ils avaient peur de causer des ennuis. Ils nous ont aussi demandé, à nous les plus jeunes, de ne pas en parler. Ils pensaient que c'était interdit de faire des histoires aux autorités."

Lafajian dit que la plus jeune génération devait s'adapter aux conditions de vie que cela leur plaise ou non : "A Haifa, je suivais des cours dans une école Chrétienne où mes camarades de classe étaient les enfants de diplomates Français. Je ne les ai jamais invité à venir me voir chez moi parce que je ne voulais pas qu'ils voient comment je vivais."

Sans électricité, ils ne pouvaient pas réfrigérer la nourriture. "Quand nous achetions de la viande à Haifa, nous devions la cuisiner le jour même de façon à ce qu'elle ne dépérisse pas," dit Lafajian. "Après des années sans eau courante, nous avons été raccordés au système d'eau du kibboutz Neveh Yam, mais l'eau que nous recevions était salée. Nous avions pris l'habitude de boire cette eau, mais quand des invités venaient, ils ne pouvaient pas la boire. Quand je me suis fiancé et que ma femme, qui venait de Jaffa, est venue me voir dans le village, elle a apporté des bouteilles d'eau avec elle dans la voiture."

Yosef Katrian de Haifa, qui est né dans le village en 1943 et y a vécu jusqu'à ce qu'il se marie et s'en aille dans les années 1960, se souvient des liens tendus avec les kibboutz environnants.

"Nous travaillions que pour du pain," dit-il. "Nous n'avons jamais projeté de gagner de l'argent. Nous avions un arrangement avec nos voisins de Neveh Yam. Nous faisions pousser des melons et des pastèques sur leur terre, mais tout ce que nous en récoltions à la fin c'était de la nourriture pour les vaches. Ils disaient que ça ne leur rapportait pas d'argent."

Ces choses arrivent

Au kibboutz Neveh Yam, ils ne sont pas ravis d'entendre de telles critiques. "Nous avions beaucoup de sympathie et de compassion pour les Arméniens," dit Nurit Bruner, un originaire du kibboutz qui est aussi secrétaire du kibboutz. "Quand nous étions enfants, nous nous promenions aux environs, mais nous ne pouvions pas trop nous approcher car les chiens étaient tout le temps entrain d'aboyer."

Les habitants du kibboutz étaient-ils à l'aise avec le fait qu'ils travaillaient pour vous et qu'ensuite il rentraient dans leur village où il n'y avait pas d'électricité ?

Bruner : "Pensez à quel type d'électricité ils avaient alors dans le kibboutz. Tout le monde était infortuné à cette époque. Suis-je supposé être responsable de qui a de l'électricité ou pas dans ce pays ? Qu'est-ce que cela a à voir avec nous ? Franchement, sommes-nous des autorités d'état ? Pourquoi pensez-vous que nous aurions dû être gênés parce qu'ils n'avaient pas l'électricité ? Ce fut rude, les premiers temps de la construction de l'état."

Dans les années 70 ?

"Nous ne pouvions pas nous soucier des alentours. Peut-être certains kibboutz le pouvaient-ils, mais pas Neveh Yam. Si les gens qui les ont aidé à Neveh Yam pouvaient se lever de leurs tombeaux, ils vous donneraient une claque. S'il y a bien une chose à faire au moins, c'est de nous remercier."

Shlomo Kahal de Neveh Yam connaît bien les problèmes d'eau auxquels les Arméniens ont fait face : "Dans les archives sionistes, j'ai trouvé un document dans lequel le village mukhtar demandait à l'Association de Colonisation Juive de Palestine (PICA) la permission pour être raccordé aux consuites d'eau. Ils ont eu l'eau du même endroit d'où nous la buvions. Nous avions aussi de l'eau salée. Ils travaillaient ici dans notre conserverie, mais nous n'étions pas au courant des conditions dans lesquelles ils vivaient. Ils étaient quelque peu distants."

L'étroite route menant au village, éloignée de l'ancienne route Tel Aviv - Haifa, passait à travers une partie du kibboutz Ein Carmel, mais les habitants du kibboutz était gênés par cette faible circulation vers et en provenance du village, donc ils ont bloqué la voie. Les villageois et leurs invités n'avaient alors pas d'autres choix que celui de passer par le chemin de Atlit. Lorsqu'une grande voie d'accès allait être construite près de leurs maisons, un pont fut construit au dessus de celles-ci de façon à ce qu'ils continuent à utiliser le chemin de terre venant de Atlit.

"Personnellement, en tant que coordinateur du kibboutz, je les ai aidé," dit Aryeh Simhoni. "Je les ai laissés venir sur nos terre. Nous leur avons donné le foin et la paille. Ils n'avaient rien. Nous leur avons juste donné ma'aser [le dixième de la production des récoltes laissé, tel une dîme, pour les pauvres], et nous l'avons fait généreusement. Nous les avons raccordé à une ligne d'eau. Ils n'avaient besoin de rien d'autre. Ils vivaient dans la pauvreté comme un village du XVIIIème siècle au fin fond de l'Arménie."

Peut-être leur vie aurait-elle pu être différente avec un peu plus d'aide de votre part.

Simhoni : "Pourquoi aurions-nous dû donner plus que ce que nous avons donné ? Connaissez-vous l'Etat d'Israêl ou avez-vous débarqué ici hier ? Comment étais-je supposé leur donné une ligne électrique ?"

"Notre situation était-elle bien meilleure ?" demande Pesach Grupper, pour la forme. "L'électricité n'est venue jusqu'à Atlit qu'en 1924."

Les Arméniens n'avaient pas d'électricité avant 1981.

Grupper : "Les effendi les ont ammené pour qu'ils puissent travailler la terre. Ils étaient satisfaits de leurs vies. C'est leur façon de voir les choses. Ils n'avaient pas de droits parce qu'ils étaient cultivateurs à bail."

Plus libres que les habitants des kibboutz

Aux abords du village se trouve le tombeau de Sheikh Brak, duquel le village tient son nom; les Arméniens s'y réfère comme étant "le village Arménien" ou Atlit. Les premiers immigrants arrivèrent au tout début des années 1920. Après avoir fuit la Turquie, les rescapés du génocide sont passés à travers le Liban, où ils rencontrèrent un effendi libanais, Anton Hamouda, qui leur proposa de travailler sa terre en tant que cultivateurs à bail.

Osna Katrian de Haifa vient d'une de ces premières familles venues dans le village. Elle est née à Sheikh Brak en 1931 et se rappelle d'une vie très dure là-bas. "Nous avons tiré de l'eau d'un puits. Il n'y avait pas de route. Nous sommes allé partout avec des charrettes et des ânes. Nous avons seulement étudié quelques années dans une petite école dans le village avec des enseignants venant de Chypre pour nous apprendre l'arménien. A 15 ans, je faisais des ménages pour des fermiers à Atlit et à 17 ans, je suis allée travailler dans le conserverie du kibboutz Neveh Yam. Je n'avais pas le choix."

Les épreuves de la vie quotidienne étaient aggravées par la peine de toutes ces pertes en Turquie. Pendant la Première Guerre Mondiale, les dirigeants Ottomans ordonnèrent que les Arméniens soient expulsés des régions dans lesquelles des batailles avec la Russie avaient lieu, parce qu'on supposait qu'ils collaboraient avec les Russes. Les ottomans préparèrent le terrain pour les expulsions en arrêtant massivement les leaders Arméniens. 600 furent tués en un jour - le 24 avril 1915, jour qui a été désigné comme l'anniversaire du génocide Arménien.

L'expulsion massive des Arméniens était accompagnée de massacres méthodiques. Les autorités ne donnèrent aucune protection aux exilés et permirent au Kurdes, à travers les territoires sur lesquels leurs convois passaient, d'attaquer les Arméniens. Les hommes Arméniens qui survivaient étaient enrôlés dans des brigades de travail pendant que leurs familles étaient emprisonnées dans des camps de concentration. Le gouvernement Turc nie tout ceci : il affirme que les Arméniens n'ont pas été assassinés de façon organisée et méthodique, mais transférés hors des zones de guerre en vue d'une réimplantation.

"Ma mère parlait de ça tout le temps," dit Osna Katrian. "Elle avait 7 ans quand sa famille s'est échappée. Elle racontait d'horribles histoires à propos d'une de ses connaissances dont les mains furent coupées par les Turcs. Ils ont mis sa main dans une assiette et lui ont dit de la manger."

Dans la famille de Salfi Morjalian, le deuil fut moins évident. "Mon grand père a perdu toute sa famille," dit-elle. "Il ne lui restait plus ni frère ni soeur, pas un seul, et il ne savait rien à leur propos - ce qui leur était arrivé et comment ils étaient morts. C'était très dur pour lui de parler d'eux. Il voulait commencer une nouvelle vie et nous ne voulions pas le perturber. Ils n'en ont pas parlé. Quand je lui ai demandé avec hésitation de me raconter ce qui c'était passé, j'ai vu une larme tomber de son oeil et il est sorti. Ils ne voulaient pas nous passer cette peine, mais c'est héréditaire. Ca blesse rien que de savoir qu'ils sont passés par de tels événements. Vous entendez parfois leurs histoires et alors vous vous dites, mon Dieu, comment une telle chose a pu arriver."

Leur enfance a été spéciale à cause de ce qui est arrivé à leur peuple, dit Morjalian. "Nos parents s'occupaient beaucoup de nous et étaient très protecteurs, peut-être un peu trop. Ils travaillaient très dur mais ils ne voulaient pas qu'on fasse quoi que ce soit, sauf aller chercher les oeufs au poulailler. Nous n'avons pas ressenti que c'était dur ici. Ils ont essayé de nous fourir tout ce dont nous avions besoin et ils ne se plaignaient pas, malgré toutes les épreuves. Ils faisaient avec ce qu'ils avaient et disaient toujours être déjà passé par le pire, ce qu'ils avaient alors étaient assez pour eux. Pour quelqu'un qui a perdu sa famille entière, avoir un lopin de terre il pense que c'est le paradis. C'est suffisant qu'ils soient toujours en vie. Pour eux, c'est tout ce qu'il leur faut. Ici il ont pensé qu'ils pourraient enfin vivre en paix sans personne pour les inquiéter."

Miriam Lafajian a toujours peur des Turcs. Elle refuse d'être prise en photo de crainte que les Turcs l'identifient et qu'ils lui fassent du mal si elle passe par la Turquie pour se rendre en Arménie. Lafajian est arrivée à Sheikh Brak avec ses parents en 1940, après des années durant lesquelles sa famille a erré de place en place.

"Beaucoup de gens venant du village de mes parents en Turquie ont été massacrés," dit-elle, assise dans son petit appartement de Haifa. "Mes parents parlaient beaucoup de l'holocauste. Ils décrivaient comment les Turcs entraient dans les maisons Arméniennes, disséquaient leur corps et leur retiraient leur coeur. Ils ont vu des Turcs déverser de l'essence sur des Arméniens et applaudir pendant que les Arméniens brulaient. Dans beaucoup de villages, les Turcs ont tué tous les Arméniens, et même leurs chats et leurs chiens, aussi. Dans le village, quand la nuit tombait, quand ils avaient fini leur travail, les plus âgés s'asseyaient en cercle et parlaient de l'holocauste."

En 1947, les parents de Lafajian ainsi que la quasi moitié des habitants du village ont immigré en Arménie, alors république Soviétique. "Ils ont dit qu'ils étaient arméniens et que l'Arménie était le seul endroit où ils pourraient se sentir arméniens," dit leur fille, qui resté à Sheikh Brak, se maria et eut 3 enfants. "Malgré les épreuves, la vie ici était bien. Nous étions tous une grande famille. Nous avons monté des pièces en Arménien. Nos prents parlaient seulement Turc, parce qu'en Turquie il était interdit de parler Arménien. Ici, les enfants apprenaient l'arménien librement. Il n'y avait pas de larcins. Les portes étaient toujours ouvertes. Nous étions plus libre que les habitants des kibboutz, qui devaient manger dans le réfectoire à des heures données. Jusqu'à maintenant, je rêve toujours d'Atlit, du paysage - avec la mer d'un côté et le Carmel de l'autre."

Lafajian et son mari ont passé 7 ans à travailler dans les champs de Pesach Grupper. "Tous les Arméniens travaillaient ici. La terre était à lui et nous cultivions des légumes," dit-elle.

Grupper a un souvenir radicalement différent : "Nous n'avions aucune relation particulière avec eux," dit-il. "Ce n'étaient pas des travailleurs réguliers. Ils travaillaient et partaient."

Ils étaient cultivateurs à bail

Les Arméniens sont resté neutres dans la Guerre d'Indépendance de 1948. Grupper : "Le Haganah [milice Juive pré-état] a demandé à nos anciens de parler aux anciens des Arabes pour les convaincre de rendre les armes. Il y a eu deux rencontres entre les Arabes et les Juifs au village Arménien. Rien n'est sorti de là."

En 1948, les 800 dunams (200 acres) de l'*effendi* Hamouda ont été déclarés "propriété abandonnée" et divisés entre le kibboutz Navah Yam et le kibboutz Ein Camel. "Ils leur ont retiré les terres immédiatement," dit Grupper. "Non, non - il n'y avait aucune raison de leur laisser ces terres.Ils vivaient là parce qu'ils étaient cultivateurs à bail. Quelle genre de justice vouliez-vous qu'il y aie eu après la guerre ? Il y avait 17 villages Arabes autour d'Atlit et ils ont tous été évincés. Ils sont allés en enfer et les Arabes avaient des certificats d'enregistrement auprès des [autorités territoriales]. Les Arméniens n'ont rien eu."

En janvier 1956, Ze'ev Schiff - un reporter d'Haaretz - a visité le village Arménien et a décrit les efforts que fournissaient les résidents pour acquérir certaines des terres. "Les doyens du village ont envoyé des lettres indulgentes d'explications aux chefs d'état il y a 2 ans et, une fois de plus, il y a 8 mois," écrivit Schiff. "Ils attendent encore impatiemment une réponse qui ne vient pas. Ils ont un droit naturel à demander la concession de ces terres aux autorités du développement pour leur survie. Ils ont essayé de le faire une fois, mais encore une fois ils n'ont jamais eu de réponse. 'J'irais bien voir votre gouvernement,' dit George Andrikian, le chef du village, 'mais je ne connais pas l'Hébreux et puis de toute façon seuls les gens importants vont dans les bureaux du gouvernement. Avec 30 dunams [7,5 acres] pour chaque famille, nous pourrions vivre décemment et nous serions profondément et sincèrement reconnaissants envers l'Etat d'Israel.'"

Aryeh Simhoni de Ein Camel n'éprouve aucun problème face au fait que son kibboutz a reçu des centaines de dunams de la terre que les Arméniens ont travaillé pendant 30 ans. "Ils étaient cultivateurs à bail. La terre n'était pas à eux," dit-il.

Dr Sandy Kedar de la Sephardi Democratic Rainbow Coalition dit que même s'ils n'étaient que cultivateurs à bail, l'état aurait dû donner une concession en des termes favorables aux Arméniens, même sans appel d'offres : "La situation dans les champs aurait pu être légalisée. C'est ce qu'il s'est passé dans des secteurs proches des centres du pouvoir, et l'état aurait pu être plus égalitaire et faire la même chose pour eux. Même si leurs droits vis à vis de ces terres étaient faibles, le fait qu'ils ont passé tant d'année sur celles-ci aurait dû être considéré de façon plus juste. Ils n'avaient pas à être victimes de discriminations de cette manière. Ces terres auraient pu leur être affermées. Les gens qui vivent sur une terre pendant tant d'années peuvent même l'avoir sans appel d'offres et avec un rabais. Ce n'est pas encore trop tard. Ils pourraient tenter de faire quelque chose dans cette voie même maintenant."

Les rêves de retour

Il ya 10 ans, un groupe de personnes née à Sheikh Brak ont organisé une tentative de retour dans le village. "Ca n'a pas marché," dit Eli Lafajian. "Nous aurions dû avoir tous les permis dès le début. S'ils nous avaient laissés y retourner, nous l'aurions tous fait."

Afin de maintenir leurs liens avec le village, les Arméniens ont continué à enterrer leurs morts dans le petit cimetière négligé du village.

"Ils sont venus de nuit et ont enterré leurs morts dans le village et au matin, ils m'ont demandé ce que j'en pensais," dit Simhoni. "J'ai dit que c'était leur droit, bien que ça ne soit pas un cimetière officiel." Mais quelqu'un d'autre a dit aux Arméniens de ne pas enterrer leurs morts à un endroit qui ne leur appartenait pas, et ils ont depuis arrêté de le faire.

Morjalian va au village toutes les semaines. Elle connaît tous les recoins de cet endroit abandonné. "Les pierres me parlent," dit-elle, se frayant un chemin parmi les ruines. Quelques tas de pierres sont tout ce qui atteste que le village se trouvait ici autrefois. "Une personne ordinaire ne pourrait pas comprendre grand chose de ces pierres. Je les regarde et je vois dans ma tête une image éclatante représentant ce à quoi notre maison ressemblait." Elle caresse une des pierres et dit qu'elle faisait partie du porche, "Et voici la pierre à laquelle ils attachaient la vache de mon père," ajoute-t-elle, en en montrant una autre.

Le village lui manque beaucoup. "Nous nous sentons encore chez nous. Ici nous avions une famille chaleureuse. Ici nous avions une "petite Arménie". Il aurait été bénéfique également à l'Etat d'Israel que nous restions là. Le village aurait attiré des touristes arméniens du monde entier, qui seraient venus voir le seul village arménien en Israel. Quand mon mari, moi et mes deux enfants voulont aller à la plage, nous nous retrouvons toujours à la plage qui était par le passé celle du village. Quelqu'un qui ne connaît pas l'endroit ne pourra jamais le trouver. Nous venons ici pour siroter des sabras (liqueur israélienne aromatisée aux oranges de Jaffa et au chocolat) et picorer des framboises et chaque année nous venons avec un prêtre au cimetière pour assurer un service commémoratif sur la tombe de notre grand-père, qui est mort en 1971 et est enterré ici."

Il y a six ans, Morjalian a restauré la tombe de son grand-père. Les 25 tombes dans le petit cimetière sont tellement couvertes par de hautes (mauvaises) herbes qu'elles sont impossibles pratiquement à trouver. "si nous n'avions pas arrangé la tombe de mon grand-père, personne ne saurait que des gens sont enterrés ici," dit-elle. Quelque chose continue à l'attirer à cet endroit. "je ne puis m'éloigner loin d'ici. Peut-être est-ce les souvenirs heureux de mon enfance qui me lient à ici. Mes fils connaissent également chaque pierre d'ici."

Mais vous n'avez pas fait spécialement d'effort pour revenir y vivre.

Morjalian: "nous avons appris à rester tranquilles. C'est enraciné en nous - Rester tranquille et continuer. Après que nous ayons vu le plus mauvais qui pouvait se produire, l'abattage d'un million d'Arméniens, nous ne nous plaignons de rien."

Son frère, Michael Katrian, dit qu'à chaque fois qu'il revient au village, cela lui donne des frissons : "J'ai l'impression qu'il y a encore des gens ici et que quelqu'un dit : reviens, viens nous visiter, n'oublie pas. Cela fait mal. Cela me fait toujours mal quand je me rappelle de mon enfance ici. Je sens l'odeur de la cuisson du pain dans les fours du village, je me rappelle des petits déjeuners particuliers au village. En été, nous mangions toujours des figues dans une pita. Nous chassions les lapins et la nuit nous chassions des porcs-épics. Je courrais du matin jusqu'au soir tout autour dans les montagnes. J'ai 40 ans maintenant et j'ai l'impression que mon enfance dans le village a été le point culminant de ma vie. Cet enfance a été effacé. Ils ont détruit mes souvenirs quand ils ont détruit le village. J'étais un jeune garçon quand nous sommes partis. Je ne savais pas qu'on nous avait dupé, qu'ils avaient tiré profit de l'innocence de nos parents. Si j'avais été plus âgé, je ne serais pas parti. Je me serais battu pour rester ici."

Une petite autonomie arménienne

Au club arménien dans la partie basse de Haïfa, les yeux des jeunes s'allument quand le nom de Sheikh Brak est mentionné. Ils ont tous été là-bas. Certains ont des parents qui y ont vécu. D'autres avaient l'habitude d'y aller en club de séjours éducatifs chaque été. Bien que des décennies soient passés depuis qu'il a été abandonné, pour les jeunes Arméniens d'Haïfa, le village est toujours un sujet de rêves.

"C'était comme une petite Arménie, avec la langue arménienne, les danses arméniennes, les mariages arméniens et la musique arménienne," disent-ils.

"si seulement je pouvais perpétuer ce qui était là-bas et a été arrêté," dit Eddy Lafajian, 24 ans, qui est né dans le village et l'a quitté avec sa famille quand il avait tout juste un an. "C'était comme une petite Arménie autonome. Nous étions tous ensemble. C'était quelque chose qui nous appartenait - un ghetto positif qui nous a unis et nous a maintenus soudés ensemble."

Les derniers vieux villageois ont abandonné l'endroit en 1981. Miriam Lafajian se rappelle comment les kibbutzniks d'Ein Carmel sont venus au village et ont pris leurs chariots en bois. "Je ne sais pas ce qu'ils ont fait avec. Peut-être les ont-ils voulus en souvenir."

Reste à traduire :

Ori Raz of Ein Carmel remembers the Armenians' last day in the village. "They took their things and went. There was a fear that people would come to settle in the houses they left behind. The next day, tractors came and flattened the area."

Morjalian says it pained her greatly to learn that the Armenian Patriarchate in Jerusalem gave its consent for the village church to be razed as well. She points to a row of stones not far from the small mound that was once her grandfather's house. "The church was there. The Armenian Patriarchate in Jerusalem used to send us a priest to baptize the babies and perform weddings. There was a small plaza next to the church where they would set up tables with refreshments for festive events. I think that such places should be preserved."

George Hintlian, a Jerusalem historian who was the secretary of the Armenian Patriarchate in the 1980s: "It was a small church made of tin. What happened with Sheikh Brak is a natural sociological development. We are not a rural population. The Armenians are urban. We live in Jaffa, Jerusalem, Haifa and Nazareth. The village was a refuge for survivors of the holocaust. When they received compensation for their houses, the were drawn to the city."

"They took the money and thought it would solve all their problems," says Michael Katrian, whose relatives were among the last to leave the village. "But it was the biggest mistake of their lives. It didn't bring them any advancement. The money was barely enough for them to get small, crowded apartments in Haifa for key money, and some even had to take a mortgage to buy apartments with key money. They'd been deceived. Instead of leaving, they should have fought to stay."

Had they tried to fight, the battle would have been against agriculture minister Ariel Sharon, who was responsible for the ILA. Sharon's close associate, Yaakov Aknin, was appointed director of the ILA in 1978. "I am absolutely certain that they received adequate compensation," says Aknin. "Who said they had to use the money to buy an apartment in Haifa? They got what they deserved according to a fair and thorough appraiser's estimate. If they'd gone to court, they would have gotten less. We were very generous. We paid cash in full for the land at the market prices of the time."

They say they were not given their due.

Aknin: "That's what the value of their property was. They received the full value. Today it might be a national problem for them, but then it was just about land. Maybe in another 50 years, they'll regret having left even more, but that's really absurd."

Ownership of the hilltop that was once a village is presently shared by the Jewish Agency, which commands the wooded area and the Israel Nature and National Parks Protection Authority, which has turned the rest of the area into a nature reserve. The authority admits that the place doesn't contain much of exceptional interest, "just some plants that are typical of the coastal plain, like the coastal sand-lily."

"One of the problems I have with the place is that people from all around dump garbage on the hill," says Simhoni, the current head of the regional council. "There's no limit to Jewish barbarism."

`I got the message across' Naomi Nalbandian is the first Armenian ever invited to light a torch on Independence Day eve. "I hesitated at first," she says. "I live in East Jerusalem and I didn’t know if it was safe enough for me to light a torch. I also wasn’t sure if they’d let me maintain my Armenian identity. After consulting with my husband, I agreed, but I told Merkaz Hahasbara that I wanted to say that I’m a third-generation survivor of the Armenian holocaust, just as every Jewish Holocaust survivor would talk about that."

It was agreed that at the ceremony, Nalbandian would say that she is "a third-generation survivor of the Armenian holocaust of 1915." That’s what it said by her name in the original program (of which 2,500 copies were distributed), says Nalbandian.

"But in the afternoon, during the break in rehearsals, when we were eating lunch in the Knesset, some people from the center informed me that this text was causing them problems, that they had been notified of this by the Prime Minister’s Office, the ministerial committee responsible for the ceremony and the Turkish ambassador and that if I insisted on going ahead as planned, it could cause a crisis with Turkey.

"I told them that if the word 'holocaust' causes so many problems, I wouldn't mind saying 'genocide' instead. They didn’t respond to that, but when we returned to the hotel, I saw that there was a different text by my name that did not use the words 'holocaust' or 'genocide,' and said only that my grandparents had come here in 1915. I refused to go along with that. They didn’t come here as tourists. They were holocaust survivors. I insisted that the word 'survivors' and the year 1915 be included in the text, so that even if the word 'holocaust' wasn’t mentioned, everyone would know what was being referred to."

After she made her position clear, a new text was written for Nalbandian. At the ceremony, she said that she is the daughter of the long-suffering Armenian people and that her grandmother and grandfather were "survivors of historical Armenia, 1915, who came and settled in a village near Haifa."

"I managed to get the message across," she says. "But I’m disappointed that they didn’t let me express my identity. I saw that it’s all politics."

"What’s the problem?" asks Doron Shochat, the director of Merkaz Hahasbara. "We proposed something, she proposed something, and we had a polite and civilized discussion about it. It’s a shame that people are focusing on insignificant issues."

The State of Israel caving in to Turkish pressure and becoming a "holocaust denier" is an insignificant issue?

Shochat: "We were approached by Danny Naveh, the chairman of the ministerial committee in charge of ceremonies, and by Knesset Speaker Ruby Rivlin. They asked us and we were glad to accede to their request. Everything was done fairly and through civilized negotiations. She didn’t have to take part in the ceremony if she didn’t want to. She is the one who chose not to give up the honor. In the end, this whole story is for the glory of the State of Israel."

Knesset Speaker Reuven Rivlin: "Our relations with the Turks are such that we have to weigh carefully whether to challenge them on the Armenian issue right now. We faced a difficult moral dilemma. I consulted with Shimon Peres who told me to tell this woman that it was inappropriate to insert political matters into the Israeli Independence Day ceremony. We didn’t deny the Armenian holocaust, but we didn’t mention it in a clear and unequivocal manner, because this is a subject that is crucial to the Turks. But I know that I’ll be criticized no matter what answer I give." Top Articles 5:5 vision The fact that Finance Minister Benjamin Netanyahu and his minister in the treasury Meir Sheetrit are working together is the eighth wonder of the world. By Nehemia Strasler Regrouping faster than they can be deterred The intensity of the recent wave of terror appears to have taken Israel's security services somewhat by surprise. By Moti Bassok Growth is the goal The still unsigned agreement between the Histadrut and treasury should be examined from one key perspective: Will it encourage growth, reduce unemployment, and get the economy out of the crisis in which it has become embroiled? Editorial More Headlines 17:54 Ze'evi: Now is not the time to exile Arafat 16:27 Unemployment rate climbs to 10.8% in first quarter of 2003 14:39 IDF pulls some troops out of Beit Hanun 18:08 Shalom: Israel considering applying for EU membership 16:34 Jihad, Al Aqsa Brigades claim Afula suicide bombing 13:59 Nabil Sha'ath: PA trying to achieve a year-long cease-fire 17:15 Poraz: Conversion in Israel should not grant immediate citizenship She misses the village very much. "W -- MeZaz - 20 May 2003
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